Tous ceux qui ont approché de près nos ministres et responsables ainsi que tous-ceux qui connaissent de près le président de la République et son entourage s’accordent sur un point précis et insiste dessus inlassablement : «le peuple algérien n’est jamais content, il est râleur, fainéant et ne voit souvent que la moitié vide du verre». Le sommes-nous vraiment ?

Peut-être. Mais est-ce forcément un mauvais indicateur puisqu’on peut mettre cette attitude dans la case de la contestation positive et de l’auto critique nécessaire. Abstraction faite de l’incompétence manifeste de bon nombre de nos ministres, cette remarque ne mériterait-elle pas plus d’attention de notre part ? Évidement que oui. Et à y voir de plus près, on constate vite que ce qui nous manque, nous, le peuple, n’est pas si inaccessible que ça.

Il se résume même en quelques revendications que nos gouvernants auraient dû et pu analyser longuement et y apporter les solutions idoines. Posons-nous  la question suivante : pourquoi sommes-nous si pessimistes et insatisfaits de la manière dont est géré  notre pays ? La réponse à cette interrogation collective et parfaitement légitime ne passera sûrement pas par des séminaires ou des attroupements de pique-assiettes. La réponse est en réalité très simple, il faut juste avoir la volonté d’admettre que quelque chose cloche chez-nous et que les solutions ne sont pas si compliquées que ça.

Reprenons par le début.

Un Algérien «standard» aspire, comme il en est le cas pour tout le reste de l’humanité, à, principalement, 5 droits universels : avoir une éducation et un enseignement de qualité, avoir un emploi digne qui puisse lui garantir un minimum de vie décente, avoir un logement synonyme de stabilité, pouvoir jouir pleinement de ses libertés individuelles qui englobent ses croyances, ses convictions et son mode de vie dans le respect des valeurs universelles et pouvoir vivre en sécurité dans son pays. C’est aussi simple que ça, mais la vérité n’est-elle pas souvent simple. Pour satisfaire ces besoins qui semblent, à première vue, élémentaires, l’Etat dispose d’assez de ressources et de moyens pour y parvenir. Seulement voilà, les bonnes idées et les meilleures volontés se dissipent souvent en cours de route et s’évaporent souvent avant d’arriver à qui de droit.

Le coupable : c’est l’impunité rampante qui favorise tous ce qui anéantisse les meilleurs projets et annihile le plus ardu des efforts. Cette impunité se manifeste par l’armada de maux que tout Algérien connait et subit : corruption, détournement, régionalisme, tribalisme, mal gestion, incompétence assumée, laisser-aller… Face à cette situation, l’Etat aurait pu agir fermement, depuis bien longtemps et non pas par des opérations furtives qui relèvent plus du règlement de compte que d’une vraie volonté d’instaurer un Etat de droit.

Maintenant que la confiance est perdue entre peuple et gouvernants, la mission semble délicate, encore faudrait-il avoir une volonté politique pour s’y attaquer. Mais délicate n’est pas impossible et Bouteflika ou autre avait et a les moyens pour rendre le pays au peuple et réconcilier le peuple avec ses dirigeants. Pourquoi n’a-t-il rien fait ? A-t-il tenté et n’a rien pu ? En-est-il conscient ? Personne ne le sait. Ce qui est sûr, c’est que notre pessimisme n’est pas sans raisons. Et elles sont loin d’être illégitimes.

Hicham A.