M. Mebtoul,

Merci pour cette contribution qui nous permet à nous simples citoyens de mieux comprendre comment est géré notre pays et surtout d’évaluer notre performance et nos résultats.

Vous écrivez :

« Face aux données officielles sur la situation de l’économie algérienne annoncées lors de la séance de l’audience par le président de la république au Ministre des Finances le 15 aout 2010 (reproduit par l’organe officiel APS le 16 aout 2010), l’objet de cette contribution est de se poser la question suivante : quelle est donc la réalité de l’économie algérienne, un chiffre devant être interprété dans son véritable contexte, surtout avec l’effritement du système d’information en Algérie, les déclaration de responsables aux plus hauts niveaux se contredisant en termes de tests de cohérence et ce afin d‘éviter des interprétations biaisées qui peuvent conduire à des politiques socio- économiques erronées la Nation à des pertes de plusieurs milliards de dollars. »
Si je comprends bien, on nous raconte des histoires. Enfin, des choses qui ne sont pas vraies. La question que je me pose est la suivante : est-ce par ce que l’on veut maquiller les choses ou par ce que nos dirigeants sont incompétents et ne comprennent pas plus ? Les deux hypothèses ne sont pas plus rassurantes l’une que l’autre!

Dans le paragraphe, « I-LES DONNÉES OFFICIELLES » j’admire votre utilisation du subjonctif. Depuis que j’étais enfant, je croyais qu’on utilisait le subjonctif quand nous n’étions pas vraiment sûrs de quelque chose donc si je comprends bien ces données n’ont d’officiel que le titre. Merci de clarifier et merci de nous faire réaliser à quel point nous sommes un peuple respecté. Que faisons-nous avec ça ?

Quand au paragraphe « II- REPLACER CES DONNÉES DANS LE CONTEXTE DE L’ÉCONOMIE ALGÉRIENNE ». On lit :  » cette audience du président de la République rentre dans le cadre du plan quinquennal 2010/2014 estimé à 286 milliards de dollars, mais dont 130 sont des restes à réaliser 2004/2009 reflétant d’importantes réévaluations et 150 milliards de dollars pour les nouveaux projets. Cela explique la décision de lutter contre les surcouts et d’établir un bilan budgétaire annuel, la modification et le complément du décret exécutif n°98-227 du 13 juillet 1998, relatif, aux dépenses d’équipement de l’Etat. Ce décret vise une discipline dans la conduite des projets ou programmes et une responsabilisation plus grande de l’ensemble des intervenants dans le circuit de la dépense publique, en introduisant l’introduction de la notion de programme pluriannuel qui constituerait une passerelle fonctionnelle vers la nouvelle approche budgétaire, permettant de suivre et d’évaluer l’action de l’administration publique. Comme est prévu l’arbitrage du Conseil des Ministres pour toute réévaluation de coût supérieure à 15% du coût initial, pour les grands projets mobilisant des moyens financiers publics importants. Mais qu’en sera-t-il sur le terrain car ces orientation et textes le sont en intention, car les pratiques contredisent souvent les textes juridiques si louables soient- ils. Un contrôle doit être global : il doit concerner l’ensemble de la société supposant des un État de droit et des mécanismes démocratiques, la réhabilitation du contrôle du parlement, de la cour des comptes, l’inspection générale des finances dépendant du Ministre des Fiances a un impact limité car relevant de l’exécutif, Sans une gouvernance rénovée, une visibilité et cohérence de la politique socio-économique supposant l’intégration de la sphère informelle produit du dysfonctionnement des appareils de l’Etat, produisant la corruption, le contrôle budgétaire sera un vœux pieux avec un impact limité. »

C’est vrai qu’à chaque fois qu’on parle d’économie algérienne, on doit replacer les choses dans le contexte algérien. Par quoi est défini ce contexte ? En tout cas, si je crois ce que je vois et j’entends, c’est un contexte anarchique, où la planification et le suivi brillent par leur absence. Alors, quand on parle de contrôle prévu, sauf miracle nous sommes dans la contradiction la plus totale avec ce contexte. Cependant, cette décision demeure louable et peut amorcer une ère de changement de contexte justement. . Maintenant voici mon questionnement : Nous dit on comment ce contrôle de surcoût va se traduire ? Qui va diriger cette opération de contrôle? Va-t-on créer un comité ? Quels sont les critères pour en faire partie ? Quels vont être les indicateurs permettant ce contrôle? Quels sont les moyens de suivi pour ce comité? Quel sera son degré d’autonomie décisionnelle ? À qui rendra t-il des comptes? Quels sont les sanctions et récompenses prévues ? Quels sont les moyens de communication mis à la disposition de ce comité pour informer la population sur le cours de ses travaux? A-t-on fixé des délais pour la fréquence d’évaluation de ce comité et sa réévaluation? Enfin, est-ce sérieux leur affaire ou est-ce encore de la poudre au yeux ?

Le paragraphe suivant me fascine : « Comme la mesure du passage sans transition du crédit documentaire du Remdoc au Credoc qui risque de paralyser bon nombre d’entreprises privées et publiques du fait que son opérationnalité suppose une réforme profonde du système financier relié aux réseaux internationaux et que de nombreux dossiers stagnent au niveau des banques ce que voile cette baisse d’ailleurs très faible. »
Vous avez été très courtois en ne nommant que la non transition. Je ne suis pas dans les finances mais je serais curieuse de savoir qui a pris cette décision, quels ont été ses inputs et comment a-t-il planifié cela. Et surtout surtout quel a été son objectif ? À qui cette décision profite t-elle ? Car de ma petite chaise de citoyen, j’ai l’impression qu’un beau jour un de nos dirigeants a dû se réveiller d’un rêve ou plutôt d’un cauchemar et a dû se dire que ce serait plutôt amusant de passer du Remdoc au Credoc, histoire de briser la routine et s’amuser un peu! Où étaient nos dirigeants quand le bon dieu distribuait les notions de planifications et d’organisation ?

Dans le paragraphe suivant : « Il faut éviter des utopies, l’Algérie étant une économie essentiellement rentière et que sur les 9, 3% de croissance hors hydrocarbures, l’on peut démontrer aisément que 80% le sont directement et indirectement par la dépense publique via les hydrocarbures restant aux seuls entreprises créatrices de richesses vivant sur l’autofinancement moins de 20% comme le montre clairement moins de 3% d’exportation hors hydrocarbures. Il en est de même du niveau des réserves de change, de la baisse tant de la dette extérieure que de la dette publique intérieure épongées par les recettes des hydrocarbures sans s’attaquer à l’essence de ce gonflement qui est la mauvaise gestion. »

Si je traduis en langage clair, nos dirigeants sont de mauvais gestionnaires et ils camouflent leur incompétence par les recettes du pétrole. Ne pourrait t’on pas trouver un compromis ? Le plus absurde mais toujours plus rentable que cette situation pathétique serait que chacun se fasse accompagner par un technocrate incorruptible rémunéré selon ses compétences et résultats? On dit toujours puisque l’on ne peut pas faire sans on fait avec! On est conciliants, on veut juste que ça marche !

Dans ce paragraphe, (Pour le cas de l’agriculture invoqué par le Ministre des Finances, se pose cette question stratégique quelle est la part dans la création de la valeur ajoutée d’une bonne pluviométrie et quelle est la part, cela étant essentiel à un bon management stratégique et cette situation positive est elle conjoncturelle ou structurelle e t quel a été le bilan du programme national du développement de l’agriculture(PNDA) qui a englouti des dizaines de milliards de dinars ?) Car l’Algérie est caractérisée par une faible productivité globale et continue d’importer la majorité de ses biens essentiels.
Vous parlez de question stratégique, je crois que c’est tout simplement une question de bon sens! Il y a des jeunes en chômage, il y a de la terre qui a su déjà prouver sa fertilité, Il y a des milliards qui ont été mis et on importe encore et encore ! Trouvez l’erreur !

Dans ce paragraphe, vous avez tout dit : (Quant au taux d’inflation officiel ( ce taux est-il réaliste ?), il y a lieu de noter une nette accélération passant de 3% en 207, à 4,5% en 2008 et près de 5,8% en 2009 allant ver s la même tendance en 2010, inflation qui a un impact négatif sur le niveau du pouvoir d‘achat de la majorité des citoyens, jouant comme vecteur de concentration du revenu national au profit d’une fraction minime de revenus variables, tensions sociales atténuée tant par la cellule familiale, la sphère informelle, par des transferts sociaux (somme faramineuse de 10% du PIB mais mal ciblés et mal gérés) et des emplois fictifs pour une paix sociale transitoire. Cela explique le taux de chômage officiel, artificiel autant que celui du taux de croissance alors que l’important est la création d ‘emplois utiles créateur de valeur ajoutée. Et que seuls, une nouvelle gouvernance, la valorisation du savoir et de l’entreprise peuvent permettre le passage d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures : en fait accélérer la réforme globale supposant de profonds réaménagements dans les structures du pouvoir et non des décisions d’ordre techniques inefficaces sans s’attaquer à l’essentiel.)

Si je comprends bien, on ne se contente plus de maquiller les chiffres, on maquille la vie de tous les jours. Créer des emplois fictifs consiste à jouer au pompier et éteindre des feux mais empêche de s’attaquer aux causes de l’incendie et l’éteindre à jamais. L’assistanat avec le peuple est un cadeau empoisonné.

En créant des postes fictifs qui n’engendrent aucune valeur ajoutée afin de calmer des tensions, on ne fait que tasser ses tensions sur un petit feu loin des yeux pour les laisser mijoter jusqu’à explosion.

Votre conclusion : « Le problème essentiel stratégique posant la problématique de la sécurité nationale, sachant que selon la majorité des experts internationaux et nationaux, il y aura épuisement des réserves des hydrocarbures entre 15/20 ans en termes de rentabilité financière, (pouvant découvrir des milliers de gisements mais non rentables évoluant dans le cadre de la concurrence internationale ), ces dépenses publiques sans précédent depuis l’indépendance politique, préparent -t- elles véritablement l’après hydrocarbures et l’Algérie à relever les défis nombreux du fait de nombreux retards accumulés dans la réforme globale, face aux nouvelles mutations mondiales ? Il s’agit de ne pas se tromper de cibles. D’où l’urgence d’un large débat national sans exclusive, loin des appareils d’Etat, sur l’avenir de l’économie algérienne. »

Comment peut on préparer un futur, si on dénigre le présent? Que devons nous faire et poser comme gestes concrets pour avancer ? Votre suggestion de débat national, paraît un bon projet pilote. Comment l’imaginez vous ? Quels seraient les intervenants ? Comment verrez vous la structure et le pilotage de ce débat ? Qui encadrera ? Quels seraient les objectifs réalisables et réalistes ?

Nacera kherbouche, MBA expert en gestion de performance & business coach