Google avec ses 65.5% de parts de marchés sur son cœur de métier serait remis en question sur ce qui a fait son succès, le moteur de recherche. Avec l’avènement des réseaux sociaux, de plus en plus d’observateurs signalent que l’algorithme du moteur de recherche qui permet de classer les résultats selon l’intérêt supposé de l’internaute, n’est plus aussi efficace qu’auparavant.

En cause : la faculté de Google à indexer et classer les contenus en temps réelle. L’algorithme développé il y a douze ans par les deux fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin a prit quelques rides et serait largement dépassé aujourd’hui, pour cause les pages qu’il met en avant sont essentiellement celles vers lesquelles un grand nombre de sites et de blogs renvoient. Or aujourd’hui, les pages web contiendraient de moins en moins de liens, alors que se développent les recommandations sur les résultats sociaux, même si les dernières évolutions du page Rank de Google qui prend en compte les tweets de la même façon que les liens classiques peuvent nous amener à croire à une vraie révolution.

Ces évolutions intègrent notamment les messages publiés sur Twitter ainsi que les statuts publics sur Facebook mais rendent les recherches plus complexes car il s’agit d’une option donnant des résultats différents que ceux par défaut. En dépit de cela, Google intègre Facebook et Twitter avec une certaine retenue même si à terme l’intégration en temps réel pourrait être généralisée.

La concurrence se fait de plus en plus pressante, Bing de Microsoft possède déjà 11.5% de parts de marché aux Etats-Unis selon ComScore, ce score est impressionnant pour un moteur de recherche qui a à peine plus d’un an, le vaisseau piloté par Steve Balmer investit de nouveaux marchés avec facilité, on reconnait la stratégie de partenariat de la firme de Redmond qui travaille en étroite collaboration avec les équipes de Facebook et de Twitter pour intégrer leurs contenus à ses résultats. Yahoo de son coté enregistre 16.5% de parts de marché, lorsque l’accord entre le géant du desktop et Yahoo sera opérationnel, ces deux challengers du moteur de recherche représenteront 28.3% de parts de marché.

En France, l’agrégateur d’informations Wikio travaille à un nouvel algorithme donnant plus d’importance aux articles retweetés, une manière de concilier le web algorithmique de Google et le web social de Facebook et autres Tweeter. Face à ces menaces, le leader du marché joue la carte de l’ouverture avec ses nouveaux chevaux de bataille, le moteur de recherche de Google se voudra plus local, plus social et plus mobile. Les autres gros chantiers concerneront la localisation des contenus selon l’adresse IP de l’utilisateur et l’adaptation des résultats de recherche au support, simplification des requêtes sur les téléphones mobiles par exemple.

En définitif, on pourrait penser que l’âge d’or de Google n’est pas terminé. Des menaces concurrentielles existent mais le leader a suffisamment d’avance technologique pour continuer sa marche en avant. Google affirme cette continuité en recommandant à ses employés de ne plus utiliser le système d’exploitation de Microsoft. Les 10 000 salariés de Google à travers le monde seraient incités à travailler sous Linux ou Mac OS le système d’exploitation d’Apple. La plus part choisiraient Mac OS, des exceptions seraient toutefois autorisées pour les ordinateurs portables et certains postes. Cette décision aurait été prise en janvier 2010 suite aux attaques informatiques enregistrées par Google en Chine, Windows étant jugé peu sûr, il serait intéressant d’observer le niveau de sécurité du futur système d’exploitation de Google.

Toutefois, le Financial Times tempère cette information en indiquant que la firme en profiterait pour pousser ses propres solutions logicielles en préparant la migration de ses équipes vers Chrome OS, le futur système d’exploitation de Google prévu pour la fin de l’année, ainsi que sa version entreprise prévu pour l’an prochain. Il est difficilement envisageable pour une firme qui compte 10 000 employés de migrer deux fois en un an vers deux systèmes d’exploitation différents sans que la productivité ne soit impactée, le bannissement de Windows avant la disponibilité de Chrome OS est une erreur qui peut couter cher à Google.

Salim BOUTOULA