L’entrée d’Apple sur le marché de la publicité mobile exacerbe les tensions. Le groupe Californien mettrait en place de nouvelles conditions susceptibles de désavantager les développeurs d’applications travaillant avec des régies publicitaires concurrentes de sa propre structure iAD. Apple pourrait aller jusqu’à priver de certaines informations les développeurs utilisant les régis de groupes présents sur d’autres secteurs que la publicité mobile. Sont ainsi directement visés Microsoft et Google qui a obtenu l’autorisation il y a quelques mois de conclure le rachat de la régie mobile Admob. Ces deux concurrents d’Apple pourraient être exclus de la plate-forme iPhone, c’est en tout cas la conclusion qu’en a tiré sur son blog Omar Hamoui, fondateur d’Admob.

Cette contrainte appliquée aux développeurs, grands et petits seront limités sur leur choix de gagner de l’argent, surtout sachant que la publicité finance un grand nombre d’applications qui sont gratuites ou très peu chères, cela aura très certainement des effets néfastes sur le consommateur, le Financial Times a indiqué que l’affaire pourrait déboucher sur une enquête de la Federal Trade Commission ou sur une enquête antitrust du département de la justice. Il est vrai que le modèle d’Apple est très différent de celui du monde du PC et de l’internet, il est très intégré, très contrôlé en termes de contenus et de services et nous avons vu depuis le lancement de l’iPhone 3G en 2008, les tensions s’accroitre entre Apple et les tenants d’autres business modèle.

AdMob, quia toujours eu un nombre de clients sur l’iPhone, est un « blind network », c’est-à-dire que les annonceurs ne savent pas sur quels sites passent leurs publicités. Le fait qu’il tombe bientôt dans l’escarcelle de Google risquerait de le pénaliser et pour cause, Apple veut maintenir et contrôler la qualité des publicités dans un environnement qui soit « riche media ». Steve Jobs a affirmé sur son site être ouvert aux autres réseaux publicitaires bien qu’ayant sa propre régie iAd lancée le 1er juillet dernier, cependant il aurait une autre cible en tête, récemment il a était exaspéré par Flurry, une société qui rassemble des données en temps réel sur les utilisateurs et qui les fournit aux développeurs. Celle-ci a pu sortir des informations très en amont sur de nouveaux produits comme l’iPad ou l’iPhone. Du coup Steve Jobs veut limiter l’accès aux données d’Apple et leur utilisation à de seules fins publicitaires.

Les conditions amendées dans les contrats aux développeurs reflètent cette préoccupation qu’il a exprimée lors de la conférence D8 organisée comme chaque année par Wall Street Journal, « On n’interdit à personne d’acheter des espaces publicitaires sur les plates-formes d’Apple » tempère Alexandre Mars, PDG de Phone valley, l’agence mobile de Publicis. En outre, Apple va choisir à qui il donne ses informations, le marché de la publicité est en hypercroissance et les acteurs sont en train de se positionner. Cependant les nouvelles règles d’Apple ont été bien accueillies par les plus petits acteurs comme Greystripe, Millenial, Media & Medialets.

Le marché de la publicité sur mobile était évalué à 1,1 milliards de dollars au Japon en 2009 et à 550 Millions de dollars aux USA, Google a l’intention d’en devenir lui aussi un acteur majeur. Microsoft très entreprenante sur le sujet qui avait racheté le français Screentonic il y a trois ans a revu toute sa stratégie avec la sortie de Windows Phone 7. Apple depuis le rachat de Quatro Wireless pour 275 millions de dollars au début de l’année 2010 a pris position avec iAd et a déjà emmagasiné pour plus de 60 millions de dollars de commandes.

Salim BOUTOULA