Auriez-vous tabassé un écrivain égyptien ?

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Le Salon international du livre «Sila» a ouvert ses portes et les éditeurs égyptiens ne sont pas du rendez-vous. Les louables initiatives prises par les Algériens de tous bords pour empêcher une telle ineptie n’auront servi à rien, sauf, peut-être, à prouver qu’il reste encore, dans ce pays, un minimum de conscience et de bon sens, même si personne n’y prête attention. Les Algériens de 3ème catégorie que nous-sommes savons très bien que notre voix est inaudible auprès des autistes qui nous servent de décideurs.

Nous savons aussi que notre avis et nos points de vue ont le même poids que le Juge qui traite des scandales de corruption.

De ce fait, il était juste utile de faire du bruit pour prouver que l’aliénation des esprits n’est pas généralisée et que l’absurde n’est pas un destin par défaut. Les Algériens que nous-sommes avons l’habitude d’être occultés dans nos droits et ignorés dans notre existence.

Mais nous découvrons à peine qu’avec nos gouvernants nous-sommes devenus des hommes et des femmes sauvages qu’il faut priver des livres égyptiens pour ne pas en réveiller la violence.

Dans la cacophonie des justifications à l’absence des éditeurs égyptiens du «Sila», l’usage de l’argument sécuritaire est certainement le plus insultant à l’égard des Algériens.

Les responsables culturels algériens, flashés en mode Khalida Toumi, ont excellé dans la bêtise, évoquant tantôt l’exigüité de l’espace, tantôt la réciprocité qui leur reviendrait de droit.

Ils distillent, in fine, cet argument selon lequel, les Algériens ont voulu protéger les Égyptiens des Algériens, parce que la blessure est toujours béante, disent-ils. Elle ne l’a pas été pourtant quand deux clubs égyptiens sont venus jouer en Algérie sur le terrain glissant et dangereux du foot exutoire.

Elle ne l’a pas été non plus quand Moubarak est venu exhiber sa diplomatie funéraire. Elle l’est juste quand il s’agit de culture et de savoir. Du coup, ces Algériens qui veulent protéger les Égyptiens des lecteurs sauvages algériens, nous font passer pour tout ce que les Égyptiens ont dit de nous en pleine période de folie et d’hystérie panarabe.

C’est-à-dire, un peuple sauvage et barbare qu’on résume par le très célèbre terme «Baltaji». C’est la plus ignoble des insultes faites aux Algériens, qui plus est faite par leurs gouvernants.

Il ne s’agit pas là de dire que les Egyptiens devaient être présents par solidarité arabe. Ils auraient du être là avec leurs livres parce que le bon sens le plu sommaire nous le dicte.

Que Khalida Toumi verse dans le n’importe-quoi, on en a l’habitude un peu. Mais qu’elle se permet de nous insulter, c’en est trop.

Non, les lectrices et les lecteurs algériens n’auraient pas tabassés les écrivains et les poètes égyptiens s’ils étaient venus au «Sila».

Je tenais juste à le préciser…

Hicham A.