Vers une crise du football algérien ?

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Le football algérien traverse une zone de turbulences. Alors que les Fennecs ont réussi l’exploit de se qualifier pour la Coupe du monde 2010, le championnat algérien découvre le professionnalisme. Un changement de mentalité qui est bien difficile à intégrer.

En participant à la dernière Coupe du monde en terre sud-africaine, l’Algérie a mis fin à 24 ans de disette. Privés de Mondial depuis 1986, les Fennecs ont donc eu le plaisir de retrouver la plus prestigieuse des compétitions. Avec un bilan d’un match nul, deux défaites et zéro but inscrit, la sélection emmenée par Rabah Saâdane n’a certes pas réussi à passer la phase de poules mais a malgré tout marqué les esprits. Un constat étonnant, tant le football algérien peine à se faire une place au soleil de l’Afrique.

En effet, les clubs issus du pays de Rabah Madjer ne brillent que très rarement sur la scène continentale. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. La JS Kabylie, dernier club algérien à avoir remporté la Ligue des Champions de la Confédération Africaine de Football, a soulevé pour la dernière fois ce Graal en 1990. Vingt ans plus tard, le constat est donc sans équivoque. Aucune formation algérienne n’a pu atteindre la finale dans cette compétition.

Plus grand pays du Maghreb, l’Algérie se voit voler la vedette par le Maroc et la Tunisie, un comble. Profitant de l’effervescence et de l’engouement suscités par les performances des Fennecs lors du Mondial, la Fédération Algérienne de Football accompagnée par les pouvoirs publics a décidé de passer à la vitesse supérieure en entrant dans l’ère du professionnalisme. Le championnat de première division se compose ici de 16 clubs. Mais ce changement de cap et de mentalité se fait non sans heurts.

En effet, après bien des années d’amateurisme, il n’est pas forcément évident pour les formations concernées de revoir leur mode de fonctionnement. Pourtant, l’État ne lésine pas sur les moyens pour accompagner ce mouvement. En s’engageant notamment à prêter à chaque club 1 M€, à apporter un coup de pouce financier à hauteur de 80% du coût de la réalisation des infrastructures et à payer 50% des frais de déplacement des clubs professionnels engagés dans des compétitions internationales, les pouvoirs publics n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

Oui mais voilà, cette aide plus que bienvenue risque tout de même de s’avérer insuffisante. Nombreuses sont les formations à s’être endettées, et il est désormais bien difficile d’éponger leur déficit d’un claquement de doigts. Les temps sont donc graves en Algérie, et il va falloir bien des années avant que la situation ne se stabilise. Mais toujours est-il que le football algérien doit en passer par là pour retrouver les sommets. Car si les Fennecs se sont qualifiés pour la Coupe du monde, seuls trois joueurs issus du championnat national avaient été sélectionnés. La donne pourrait être différente dans quelques années.

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