Imaginez une salle de théâtre qui contient 35 millions d’individus qui sont assis là depuis des années et ils regardent, regardent… La pièce se reproduit chaque jour. Une poignée de mauvais acteurs qui au fil du temps ont oublié les spectateurs alors ils jouent, ils jouent… Il n’y a même plus de scénario, chacun improvise. Qui joue au voleur, qui joue au menteur, qui joue au tueur, et qui joue tout simplement à ne rien faire.

Des fois on a l’impression que les spectateurs sont au théâtre car il n’y a nulle part ailleurs où aller. Et cela, les acteurs le savent bien. Ils jouent entre eux et parfois pour briser leur monotonie, ils jouent contre eux même, mais demeurent toujours solidaires contre ce maudit spectateur qui gêne toujours par son existence.

La règle du jeu dans ce théâtre est que chaque spectateur doit aimer ce qu’il voit et plus encore applaudir sinon une sanction s’applique. Dans les recoins cachés de la salle il y a une section cuisine-interrogatoire, une section prison et même une section abattoir.

De plus, les acteurs, de peur que les spectateurs se révoltent contre la médiocrité de la pièce, les manipulent par la peur. Ils usent de violence psychologique et jouent alors la pièce qui invente un ennemi virtuel. Cela peut être le voisin, l’ancien dominateur ou le maître du monde. Et si les remous persistent, on joue carrément la pièce de la terreur intestinale en l’accompagnant de sevrage via les pénuries.

C’est assez paradoxal, les seuls actes bien réfléchis, planifiés et orchestrés sont ceux qui servent à ramener le calme dans la salle. Ces 35 millions de spectateurs pris en otage cérébralement sont souvent confus, parfois révoltés ou fatalistes et ils subissent, subissent… Il y a ceux qui sont utilisés par les acteurs pour les pièces ad hoc; ll y a ceux qui espèrent un jour devenir acteurs à leur tour; il y a ceux qui applaudissent fort pour pouvoir jouer leur petite pièce même à partir des bancs (un petit théâtre dans le grand, c’est mignon non?); il y a ceux qui s’éloignent au maximum du théâtre même au risque de leur vie et Il y a ceux qui veulent arrêter le show alors ils débattent, débattent et parfois se battent…

Pour ceux qui sont dans le théâtre vous rappelez-vous ce qui est arrivé au nouvel acteur qui a été ramené en héros et qui a voulu écrire un nouveau scénario ? (Alllayarhmou).

Tiens, je pense à l’acte qui a été grossièrement joué pour ramener sur la scène un ancien petit grand acteur qui avait brillé dans une scène de vol quelques années auparavant. Toutes ces pièces envahissent mes méninges ! Vous souvenez vous quand nous avions applaudi la pièce où nous avions pardonné à nos tueurs ? Ah ! Oui, c’était un bien beau spectacle.

Ces derniers temps, j’avoue que nous sommes gâtés, le théâtre est non-stop, c’est à croire que ces sacrés acteurs ne se reposent plus la nuit. Du théâtre dans tous les domaines, on joue aux scandales financiers, (vous avez compris que c’est juste pour jouer car l’acteur principal qui normalement, et, pour suivre la logique de la pièce devrait se trouver sur un banc d’accusé, promène madame sur les sièges d’avion VIP).

On joue l’arrogance en ignorant les révélations et critiques, on joue à rêver de fabriquer 10000 spécialistes en 4 ans qui vont nous aider à mieux applaudir, enfin faîtes la réflexion et rappelez vous toutes les fois où vous avez applaudi, on a beaucoup de fun nous autres spectateurs ! La seule chose qui est triste est que ce ne sont même pas des vrais acteurs, on regarde depuis des années un spectacle de marionnettes. Je ne sais pas pour vous, mais des fois je me dis que le temps des poupées en chiffon est révolu si je regarde l’âge de ce grand théâtre qu’est notre pays. Non ?

Maintenant, on a beau être acteur, héros ou Crésus, la nature nous rattrape. Actuellement, c’est le début d’une dernière et non la moindre pièce de théâtre dont les 3 coups ont retenti cette semaine. Ouvrez grand les yeux et les oreilles. Nous commençons à en voir les préambules, (on nous a déjà servi l’acte annonce suivi de je n’aurais pas dû, j’ai mal compris). Alors, j’ai envie d’imaginer un scénario inspiré par Lafontaine et qui je l’espère de toutes mes forces sera de bonne augure.

Le président et ses frères

Volez, ne prenez pas de la peine,

C’est le pétrole qui manque le moins.

Un riche président, sentant sa mort prochaine,

Fit venir ses frères, leur parla sans témoins.

Gardez-vous, leur dit-il, de partager l’héritage

Que nos chouhadas ont récupéré des colons

Le pétrole, le gaz et les poissons sont dedans

Les richesses sont partout et sont bien à vous

Un peu d’obéissance aux patrons américains

Un peu de dictature sur le peuple algérien

Vous les fera garder et vous en viendrez à bout.

Continuez de remuez l’Algérie, dès que je serais mort,

Ramassez, volez, mentez, corrompez, ne laissez

Nulle richesse où votre main ne passe et ne repasse

Le grand frère mort, les deux cadets retournent le pays

De ça, de là, partout, si bien qu’au bout de l’an

Les gens du pays pillé qui tous criaient famine

Se révoltèrent pacifiquement contre les vermines.

Aux deux larrons, de pétrole, point ne restait

Mais le grand frère fût fou avant sa mort

De leur montrer que le vol est un trésor.

NKada