L’Algérie prévoit de mettre le tourisme au premier plan dans une volonté de diversification de l’économie, d’attrait d’investissements directs étrangers et de création d’emplois. Alors que le pays fait face à une rude concurrence de ses voisins -le Maroc et la Tunisie, deux destinations touristiques bien établies- pour attirer plus de visiteurs et les revenus qui y sont liés, d’importantes initiatives ont été lancées dans le but d’améliorer sa position.

Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), l’Algérie est la quatrième destination la plus populaire en Afrique après le Maroc, la Tunisie et l’Afrique du Sud. Toutefois, ces dernières années le pays du Maghreb a eu du mal à attirer de nouveaux segments touristiques.

Alors qu’il y a eu près de 1,9 million de touristes en 2009, soit une augmentation de près de 8% d’une année sur l’autre, la vaste majorité d’entre eux – environ trois quarts – étaient des algériens expatriés de retour au pays. Cette année, les recettes générées par le tourisme en Algérie ont été estimée à 330 millions de dollars, contre 3,4 milliards de dollars en Tunisie.

Le plan de développement national du tourisme nommé Schéma Directeur d’Aménagement Touristique (SDAT) lancé en 2008 vise à accroître le nombre de touristes pour atteindre 2,5 millions en 2015 et 20 millions en 2025. Le plan comporte cinq piliers majeurs: promouvoir l’Algérie comme destination touristique de premier choix, développer des pôles touristiques d’excellence, introduire des contrôles de qualité, encourager les partenariats public-privé et attirer des investissements.

Le gouvernement a récemment pris des mesures pour exploiter le potentiel de l’Algérie comme destination balnéaire et d’éco-tourisme. Le 9 Décembre, le ministère du tourisme a déclaré que 48 milliards de dinars algériens (624 millions de dollars) seront mobilisés pour rénover et moderniser 47 hôtels et stations thermales construits dans les années 1970 à travers le pays. Bien que le dossier soit toujours en attente d’approbation par le Conseil des participations de l’Etat (CPE), 2 milliards de dinars algériens (26,9 millions de dollars) seront immédiatement affectés à la rénovation de neuf hôtels du sud du pays.

De même, 49 accords concernant des projets touristiques ont été signés avec des investisseurs algériens en marge du 11ème Salon international du tourisme et des voyages (SITEV 2010), qui s’est tenu début Décembre à Alger. La réalisation de ces projets hôteliers devrait créer 7767 emplois et accroître la capacité d’accueil de 5200 lits. Cela s’ajoute aux 474 projets – représentant une capacité totale de 45.000 lits et générant 68.000 emplois – lancés par le SDAT en 2008 sur la base d’un partenariat public-privé. Les nouveaux projets porteront la capacité à 50.000 lits (avec le gouvernement visant 70.000 lits à l’horizon 2015). Début Décembre, M. Mimoun a également annoncé la construction de 20 villages de vacances de type bungalow, dont six dans le Sahara et quatorze dans les régions du nord du pays.

La rénovation et la modernisation de l’hôtel cinq étoiles El Aurassi, un des plus grands bâtiments d’Alger, estimées à 75,6 millions de dollars, et lancées dans le cadre du plan SDAT à la fin Octobre 2009, seront achevées en Juillet 2011. La construction de 24 hôtels par le groupe Mehri – en partenariat avec la chaîne hôtelière française Accor – est également en bonne voie. Fin Janvier 2009, le premier hôtel a ouvert ses portes près de l’aéroport Houari Boumediene et quatre autres sont en construction à Constantine, Oran et Tlemcen.

Pour s’assurer que les structures touristiques répondent aux standards internationaux, le gouvernement a adopté le Plan Qualité Tourisme Algérie (PQTA). Selon ce plan, les établissements touristiques collaboreront avec des bureaux d’étude pour identifier leur faiblesse et leur axe d’amélioration. Des bureaux d’étude relevant du ministère du tourisme procèderont alors à des inspections anonymes afin de déterminer si les établissements atteignent les standards requis. A la fin de l’année 2010, seulement 10% des structures touristiques en Algérie ont adhéré à ce programme.

Le gouvernement a également souligné l’importance de la formation dans le secteur du tourisme. Il existe encore peu d’écoles hôtelières algériennes qui offrent une formation spécialisée, cependant, de nouveaux programmes de formation ont été lancés. Par exemple, l’Entreprise de Gestion Touristique (EGT) d’Annaba et l’institut de formation du tourisme de Tizi Ouzou spécialisé dans les domaines de l’hôtellerie et du tourisme, ont signé un accord de partenariat pour former le personnel de l’EGT.

Le représentant du secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), Frédéric Perret, a déclaré lors de la conférence de SITEV 2010, que le secteur du tourisme algérien a un potentiel important grâce à « ses plages méditerranéennes, son fascinant [parc national de] Djurdjura, ses trésors humains, culturels et historiques. »

D’importants obstacles à la croissance de l’industrie du tourisme persistent comme le manque d’infrastructures de qualité et, point crucial pour les touristes, la sécurité. Selon une enquête publiée en Octobre dernier par le groupe de sondage Gallup, seulement 39% des Algériens se sentent en sécurité lorsqu’ils marchent seuls la nuit dans la ville où ils résident.

Oxford Business Group