Le Pouvoir en Algérie a réussi à endiguer la crise. Il l’a fait en y laissant des plumes. Il en sort terriblement amoindri. Pour autant, ses réactions nous indiquent qu’aucune leçon n’a été tirée de la révolte des jeunes algériens.

A un vrai problème, le Pouvoir apporte des solutions alimentaires, s’entêtant à réduire le ras-le-bol des Algériens à la simple équation sucre/huile. Il existe des raisons objectives à cela. Par définition, le Pouvoir n’aime pas le peuple, le méprise et voit toujours en lui un sous-alimenté écervelé qui n’a pas idée de la chance qu’il a d’avoir le Pouvoir qu’il a.

Un type de relation mi-paternaliste, mi-sadique entretenu depuis l’ère Boumediene qui a transformé l’Algérie en un vaste champ où se mènent d’absurdes scènes de ménages Peuple/État à chaque fois que la cuisine se vide.

Le Pouvoir n’a rien compris donc à l’origine de la révolte des jeunes et il faut vraiment s’y appliquer pour pouvoir l’appréhender. Ce que n’a pas fait l’Etat, se contentant d’apporter des solutions techniques et de refouler cet épisode, pour ne pas se remettre en cause.

Or comme me l’a signalé un ami, l’Algérie vit ce que les historiens appellent une période pré-insurrectionnelle, dont les signes avant-coureurs sont bien là depuis longtemps.

La Tunisie avait connu cette période en 2008 lorsque des émeutes s’étaient déclenchées dans plusieurs régions du pays, vite éteintes par la répression du régime Ben Ali. Deux ans après, on voit bien qu’il est adevenu du bricolage de Tunis.

Au Pouvoir en Algérie il ne reste que deux options. Il peut choisir l’issue pacifique : s’ouvrir, engager un débat national et organiser des élections libres pour que les Algériens puissent élire leurs gouvernants en toute transparence.

Ou faire l’escargot, s’enfermer d’avantage et attendre la prochaine révolte qui lui sera fatale.

A première vue, c’est la deuxième option qui semble le tenter.

Hicham A.