Un groupe de militants en faveur de la démocratie a appelé mercredi à une nouvelle journée de mobilisation en Egypte, au lendemain de manifestations contre le régime au cours desquelles trois manifestants et un policier ont été tués.

Le groupe Facebook à l’initiative des manifestations de mardi a invité les Egyptiens à se rassembler dans tout le pays, notamment au Caire où des milliers de personnes avaient manifesté pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak au pouvoir depuis 1981.

Le ministère égyptien de l’Intérieur a réagi mercredi en avertissant qu’aucun rassemblement ou défilé ne serait toléré. Des milliers de policiers en tenue anti-émeute et appuyés par des véhicules blindés ont pris position mercredi aux principaux endroits et places du Caire, dont la place Tahrir dans le centre de la capitale. Les forces de l’ordre étaient également déployées devant le bâtiment de la télévision d’Etat et le siège du Parti démocratique national du président Moubarak.

Les manifestations de mardi, les plus importantes depuis des années en Egypte, se sont déroulées dans le cadre d’une « journée de la révolution contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage ». « Moubarak dégage », pouvait-on notamment lire -en français, comme en hommage à la Tunisie- sur des pancartes, tandis que les manifestants scandaient des slogans hostiles au président égyptien. « Dehors! », hurlaient-ils notamment, en référence à la révolte qui a provoqué le départ le 14 janvier du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

Selon des responsables des services de sécurité, deux manifestants et un policier ont été tués, tandis que 250 autres personnes ont été blessées, dont 85 policiers. Un troisième manifestant est décédé mercredi des suites de ses blessures, selon des médecins.

La manifestation au Caire avait débuté dans le calme, les forces de l’ordre faisant preuve dans un premier temps d’une réserve inhabituelle. Mais la situation s’est tendue au fur et à mesure que la foule affluait sur la place Tahrir, dans le centre de la capitale, agitant des drapeaux égyptiens et tunisiens. Des manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont répliqué par des jets de grenades lacrymogènes, au canon à eau et en chargeant à coups de bâtons pour tenter de disperser la foule.

A Bruxelles, la porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Catherine, Maja Kocijancic, a invité mercredi les autorités égyptiennes à « respecter et protéger le droit des citoyens égyptiens à manifester leurs aspirations politiques », et « prendre note de leur souhait légitime d’une action politique pour résoudre les problèmes affectant leur vie quotidienne ».

AP