La chaine de Télévision privée « Hannibal » vient d’être interdite, sa diffusion immédiatement coupée et son directeur, Larbi Nasra, vient d’être arrêté pour tentative de création d’un vide constitutionnel, de déstabilisation et de contre révolution.

Depuis la chute de Ben Ali, Hannibal TV ouvre son antenne, plusieurs heures par jours, aux citoyens qui appellent de toutes parts pour condamner le gouvernement de transition, appeler à sa démission et raconter les vexations subies pendant le règne de Ben Ali. Hannibal TV a également organisé des débats durant lesquels de nombreux citoyens ont dénoncé en direct les personnalités de l’ancien régime qui y participaient obligeant un magistrat à quitter le plateau sous les accusations des citoyens et des avocats.

Interrogée, la porte parole du Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT), Mme Sihem Bensedrine, dénonce cette interdiction qui « est une atteinte à la liberté d’expression ». En ce qui concerne l’arrestation de M Larbi Nasra, elle exige la désignation de juges indépendants et crédibles pour enquêter et dévoiler la vérité. Allant plus Loin, Mme Bensedrine, évoque « une tentative des ex proches de Ben Ali, de vouloir lancer la contre révolution ». « Cette interdiction suivie de l’arrestation ressemble à un signe qui voudrait dire que la récréation est finie. C’est grave et dangereux, a t-elle poursuivie.

Par ailleurs, nous venons de recevoir un communiqué officiel du Secrétariat d’Etat des Technologies de la communication, dépendant désormais du ministère de l’Industrie et de la Technologie.

Dans ce communiqué, on annonce que l’accès à tous les sites web en Tunisie est libre à l’exception des sites au contenu portant atteinte aux bonnes mœurs ou comportant des éléments violents ou incitant à la haine.

Ce communiqué laisse perplexe et soulève de nombreuses interrogations et des inquiétudes.

Tunis. Yahia Bounouar
kalimadz.com
(*) le titre est de la rédaction