Tunisie. Trois civils tués en province

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En début d’après-midi, la capitale tunisienne a été le lieu d’affrontements entre policiers et manifestants. Ce matin même, des renforts militaires s’y étaient positionnés. En province, trois civils ont été tués. Et un couvre-feu nocturne a été décrété à Tunis et dans sa banlieue.
Des centaines de jeunes Tunisiens ont été dispersés par les forces de police en début d’après-midi, dans le centre de la capitale. Les autorités ont procédé à des tirs de grenade lacrymogènes. Ces incidents sont les plus graves depuis le début de la crise sociale qui traverse le pays.

Un opposant politique arrêté chez lui

Par ailleurs, on a appris que le chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie, Hamma Hammami, a été interpellé aujourd’hui à son domicile.”Plusieurs policiers ont forcé la porte de notre appartement, perquisitionné et cassé, avant de prendre Hamma sous les yeux de sa fille”, a raconté son épouse. Cet opposant de Ben Ali était recherché par la police et vivait clandestinement. C’est le premier dirigeant politique à être arrêté depuis le début des manifestations.

Limogeage du ministre de l’Intérieur

Paradoxalement, le gouvernement tunisien a annoncé la libération de toutes les personnes qui ont été arrêtées lors des manifestations, ainsi que le limogeage du ministre de l’Intérieur, pour tenter de désamorcer la crise. Il a également annoncé la formation d’une commission d’enquête sur la corruption que dénoncent opposition et ONG.

L’UE inquiète du “recours à la force” excessif

A noter que la diplomatie européenne s’est exprimée sur cette crise, aujourd’hui. “Nous sommes inquiets du recours à la force disproportionné de la police envers les manifestants pacifiques”, a déclaré Maja Kocijancik, porte-parole de Catherine Ashton. Le co-président du groupe des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit, a notamment demandé quant à lui la suspension immédiate des négociations d’un statut avancé UE-Tunisie.

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