Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officines (SNAPO) a appelé lundi l’ouverture d’une enquête pour « localiser les failles » dans la distribution des médicaments. « Nous exhortons le ministère de la Santé à mener un travail d’investigation en vue de localiser les failles qui ont mené à la rupture de médicaments dans les officines à l’échelle nationale », a déclaré à l’APS, le président du SNAPO, Messaoud Belambri, précisant avoir déjà soulevé au ministère ce problème. « Il faut qu’il y ait des investigations sur le terrain et que les gens qui font dans la mauvaise pratique en matière de distribution et de rétention de stock soient identifiés et sanctionnés », a-t-il ajouté.

Selon M. Belambri, il y a « des distributeurs qui détiennent une sorte d’exclusivité exerçant pratiquement un monopole pour un nombre de produits et qui font de la vente concomitante ».
C’est pour cette raison, a-t-il expliqué, qu’il existe une pénurie de certains médicaments, qu’ils soient de production locale ou importés.

Parmi les produits en manque dans les officines, le président du SNAPO citera la pilule contraceptive, les corticoïdes injectables, mais également des médicaments traitant la tension artérielle. Quelque 230 médicaments, dont 170 nécessaires aux malades chroniques,

« demeurent introuvables » dans certaines officines du pays, avait déclaré un représentant du SNAPO, Dr Fayçal Abed, en marge de la 1ère Conférence nationale sur la politique de santé. Il avait expliqué cette « rupture » de médicaments par une « mauvaise » gestion dans la distribution.

Des pharmaciens à Alger ont précisé avoir déjà soulevé ce problème à leur syndicat, exprimant leur « gêne » lorsqu’un malade ne trouve pas son traitement, alors, assurent-ils, qu’il n’y a pas « véritablement » de rupture. Parmi les produits en manque sur le marché, ils citent, entre autres, des médicaments contre la nausée pour enfant, ceux destinés aux diabétiques et ceux pour les personnes atteintes de la goutte, ainsi que des vaccins contre les allergies.

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès, avait assuré dimanche que l’Algérie dispose d’un stock de six mois de vaccins au lieu de trois mois. Il a néanmoins souligné que les vaccins « n’arrivent pas aux utilisateurs parce qu’il y a un problème de dysfonctionnement dans la distribution ».

« Ce n’est pas l’Institut Pasteur qui distribue mal les vaccins, mais ce sont nos responsables au niveau des structures de santé, à l’intérieur du pays, qui ne font pas les commandes selon la population a vacciner », avait-t-il fait savoir.

APS