Le ministère de la Santé a estimé le taux global de suivi mardi de la grève « illimitée » des paramédicaux dans les établissements publics à 11,24 %, alors que le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) qui a appelé à cette grève entend poursuivre le mouvement jusqu’à « l’aboutissement des revendications ». Le ministère de la Santé a indiqué dans un communiqué que la grève du SAP entamée dans les hôpitaux et les polycliniques du secteur public n’a été observée que dans « 22 wilayas », selon « les vérifications » menées à travers le territoire national. Tout en invitant les initiateurs de cette grève à cesser ce mouvement « non fondé », il a rappelé que la justice a déclaré « illégale » cette grève.
Le ministère de la Santé a informé, en outre, les citoyens que les établissements publics « sont opérationnels et que les professionnels dans leur ensemble sont mobilisés pour la prise en charge des citoyens ». Il a réaffirmé aussi que les revendications relatives au système LMD (master-license-doctorat) et à la classification à la catégorie 11 ont été prises en charge, en se disant « convaincu que le dialogue et la concertation sont seuls à même de permettre de concourir à l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des professionnels de la santé publique ».

Le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès, avait assuré lundi que son département reste « fidèle » à ses engagements pris avec les partenaires sociaux, réitérant qu’un projet de statuts a été déposé à la fonction publique. « Les grèves du 2 février ainsi que celle de ce jour, 8 février 2011, sont totalement injustifiées et ont été déclarées +illégales+ par la justice », avait-il souligné.

Pour sa part, le secrétaire général du SAP, Lounès Ghachi, a soutenu que la grève illimitée à laquelle a appelé le syndicat a été « largement suivie » mardi au niveau des différents établissements sanitaires publics du pays. M. Ghachi a indiqué que « le mouvement de protestation a été largement suivi à travers les différentes structures sanitaires du pays en dépit des pressions exercées par l’administration ». La grève, a-t-il dit, se poursuivra jusqu’à « l’aboutissement des revendications restées à ce jour lettres mortes malgré les engagements pris par le ministère de tutelle ». Il a appelé, à ce propos, « la levée des sanctions imposées à certains responsables du syndicat national à l’intérieur du pays ».

Aux établissements sanitaires de Kouba et Hussein Dey, les travailleurs ont organisé deux meetings à l’intérieur des hôpitaux. Ces derniers ont invoqué le retard accusé dans la promulgation de leurs statuts élaborés récemment par les commissions conjointes, rejetant le classement tel que proposé par le ministère de la Santé.

APS