Depuis des dizaines d’années, le colonel Muammar Kadhafi est un excellent client des industries françaises d’armement. Après son arrivée au pouvoir, le 1er septembre 1969, à la suite du putsch qu’il avait dirigé contre le roi Idris Ier, Kadhafi n’attend que quelques mois pour acheter à Dassault 82 Mirage 5, en réalité un Mirage III modifié pour pouvoir conduire des attaques au sol. En juin 1973, les choses se détériorent un peu, puisque Kadhafi envahit la bande d’Aouzou, en territoire tchadien. Mais il ne faut pas six mois pour que la France et la Libye trouvent un terrain de réconciliation, sous la forme d’une vente de 32 intercepteurs Mirage F1-C.

La France engrangera par la suite de juteux contrats, notamment pour des batteries de missiles sol-air Crotale II (60 postes de tir) produits par Thomson/CSF (ancienne dénomination de Thales) et des vedettes lance-missiles Combattante II produites par les Constructions mécaniques de Normandie, à Cherbourg. Après l’attentat contre le DC10 d’UTA, le 19 septembre 1989, les choses se tassent durant une dizaine d’années, avant que les marchands d’armes ne retrouvent ouvertement le chemin de Tripoli, pour négocier des marchés qui ne pourront prendre leur essor qu’après la véritable normalisation qui n’interviendra qu’en janvier 2004. Dès lors, les visites