Tout d’un coup, l’Algérie est devenue le pays qui compte le plus « d’opposants » au mètre carré ! Les réapparitions se multiplient, les alliances se nouent, même les plus improbables d’entre-elles, et les actions fusent de toutes parts.

En réalité, tout ce bouillonnement que connaît la scène nationale, n’a qu’un seul moteur, un seul déclencheur, un seul acteur : C’est le peuple. Nous ne devons pas oublier que tous ceux qu’on voit un peu partout faire le show revendicateur de changement étaient donnés pour morts politiquement il
y a à peine quelques semaines. Il aurait fallu que le peuple, encore une fois, fasse le sale boulot pour qu’enfin se réveille cette moribonde scène politique.

La révolte du peuple, le 5 janvier dernier, a fini par réveiller Bouteflika lui-même et l’annonce de la levée prochaine de l’état d’urgence est à mettre sur le compte, et seulement sur le compte, du petit peuple, ainsi que tout ce qui s’en suivra. Mieux encore, les Algériens ont procuré un sentiment de courage aux acteurs politiques, un courage qu’ils n’avaient pas, au moyen des actes de désespoir qui ont suivi le soulèvement de janvier.

On peut dire clairement que s’il n’y avait pas d’immolés en Tunisie, puis en Algérie, il n’y aurait jamais eu de mouvement politique. Et c’est par le peuple aussi que peut advenir un changement profond en Algérie.

La marche du 12 février prochain en sera une bonne étape. Pourvu que toutes les tendances politiques, syndicales et associatives qui sont venues s’y greffer, en opportunistes flairant la bonne affaire, admettent que, comme le Pouvoir, leur départ fait aussi parti des revendications populaires.

Ali B.