« Nous maintenons notre rassemblement pour ce samedi 12 Février à 11h à la place 1er Novembre à Oran en soutien à la marche qui se tiendra à Alger le même jour et ce malgré la menace, les discours de séduction et promesses, malgré la manipulation des délinquances pour terroriser les manifestants. Nous appelons les Algériennes et Algériens à nous rejoindre pacifiquement à la place du 1er Novembre tous unis sous le slogan. Rendez nous notre pays, le 12 Février il faut briser le mur de la peur !»

C’est en ces termes sans équivoques que les membres de la coordination nationale pour le changement et la démocratie-d’Oran (CNCD) ont réagi à quelques jours du rassemblement d’Oran et alors que la rue Oranaise vit sous une extrême tension, entre rumeurs intimidations et présence policières renforcées et très visible de partout.

Les animateurs de la CNCD d’Oran, tous venus de différents horizons, s’attèlent aux derniers préparatifs de ce rendez-vous qu’ils réaffirment pacifique au moment où les services de la wilaya d’ Oran ( préfecture) on jugé utile de préciser qu’aucune réponse n’avait été donné à la demande d’autorisation pour ce rassemblement. Il faut dire que depuis quelques jours, certains titres de la presses locales rapportaient des propos tenus par le responsable de la Direction de la réglementation et de l’ administration générale (DRAG ) de la wilaya, affirmant que ce rassemblement avait été formellement interdit.

Les représentants de la CNCD qui se sont rendus à la DRAG ce mercredi, pour obtenir la réponse à leur demande, ce sont vus transmettre un message par le bais d’un simple fonctionnaire chargé de leur expliquer que « le responsable de la DRAG n’avait jamais tenu de tels propos à un quelconque journaliste », laissant ainsi la CNCD sans réponse à leur demande que la wilaya s’est d’ailleurs refusée à réceptionner le 2 Février. La CNDC-d’ Oran voit dans ce procédé d’évitement et de fuite en avant une preuve de plus des mensonges du pouvoir, lorsqu’il fût dit que l’interdiction des marches n’est valable qu’à Alger.

La tension est montée d’un cran dans les quartiers d’Oran, notamment les quartiers populaires, théâtre d’émeutes au début du mois de janvier et le bouche à oreille a fait le tour de la ville sur la tenue de ce rassemblement.

Mais depuis plusieurs jours les appels à marcher ou pour se rassembler se multiplient dans tous le pays. Ainsi après Alger et Oran qui se sont mobilisés, c’est autour des villes de Bejaïa, d’Annaba, et de M’sila d’appeler à sortir le ce 12 Février avec à chaque fois autour de ces slogans « pour la levé de l’état d’urgence en Algérie, la restitution des libertés publiques, la libération des émeutiers … ».

Les signes d’une nervosité, d’un ras le bol général au sein de la population sont visibles à Oran où se multiplient les contestations comme la mise à sac hier des services de l’état civil d’Oran, le rassemblement de demandeurs de logements sociaux qui font le pied de grue depuis une semaine devant le siège de la wilaya d’Oran, la grève des paramédicaux qui ont été sanctionnés au deuxième jours du débrayage ou encore les étudiants qui protestaient dans leur campus contre un décret portant sur la classification des diplômes universitaires favorisant le système LMD.

Par ailleurs, des sources indiscrètes rapportent que les autorités locales d’Oran ont tenu des réunions autour d’une « cellule -sécurité » pour la mise en place d’un dispositif visant à empêcher le rassemblement et étouffer toutes velléités revendicatrices de liberté et de démocratie ce 12 Février.

Fayçal M