Des voix s’élèvent au sein de la Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie (CNCD) contre la stratégie de communication d’un de ses membres : Le RCD. Le parti de Saïd Sadi n’a, en effet, pas laissé passer l’occasion du 12 février dernier pour marquer sa présence sur les plateaux télés des médias étrangers. Son leader, Saïd Sadi s’est tellement fait remarqué, par divers procédés, qu’il a fini par s’approprier la marche de la CNCD qui, en réalité, devait être une mosaïque apolitique représentant les différents courants de la société civile.

La confusion a été telle que plusieurs médias étrangers ont qualifié, dans leur couverture, la marche comme une action de l’opposition ou carrément une initiative du RCD. Le sigle CNCD a été carrément « zappé » sauf pour certains médias étrangers (français notamment) qui connaissent assez bien la scène algérienne.

En plein rassemblement à la Place du 1er Mai samedi 12 février 2011, des militants de la CNCD n’ont pas manqué de critiquer la démarche de Saïd Sadi qui a disparu juste après avoir pris la «photo de famille» qui faisait le tour des écrans. «Il est parti se battre sur France 24», ironisait un manifestant qui a fait le déplacement.

Face à cette situation, plusieurs membres de la CNCD ont appelé, lors d’une des réunions de la Coordination, les responsables du RCD à être plus discrets et de se diluer au sein du mouvement au lieu de tenter de le phagocyter.

Pas évident que Saïd Sadi s’y conforme. «En plus d’étouffer médiatiquement le mouvement citoyen, la présence même du RCD pose problème du fait des réticences des Algériens face à tous ce qui est partisan. On n’a pas de problème avec le RCD, bien au contraire, mais s’ils veulent que le peuple adhère à notre démarche il va falloir qu’il s’éclipse un peu», note un membre de la CNCD.

Yasmina B.