C’est sous une haute surveillance policière que la CNCD–Oran a pu tenir son meeting ce samedi à Oran, à la salle Colisée en dépit des manœuvres et des tentatives des autorités locales de l’empêcher.

En effet, très tôt le matin tout le centre ville d’Oran et plus particulièrement les abords de la salle Es Saâda (ex colisée) où c’est tenu le meeting, était quadrillé par des dizaines de véhicules fourgons de CRS. Des policiers en civil (RG) ne se cachaient pas pour filmer les citoyens venant assister au meeting et ce jusqu’à l’intérieur de la salle. Une forme d’intimidation qui fera réagir les organisateurs de cette rencontre qui ont exigé à maintes reprises que cela cesse.

En dépit de l’horaire matinal pour un jour férié, imposé par l’administration locale de la ville et de la délivrance à la dernière minute, soit jeudi soir, de l’autorisation, les membres de la CNCD-Oran sont parvenus malgré tout à se rendre plus visible.

Devant un parterre très divers, les représentants de la CNCD, dont 3 jeunes, ont dans un premier temps expliqué en quoi consistait cette coordination, les raisons de sa naissances et ses objectifs. Une façon pour ces derniers de casser le mur de la peur mais également, de mettre à bas toutes les manipulations et les « intox » distillés par les relais du pouvoir. Un des animateurs de la CNCD–Oran et membre de la LADDH, dira à cet effet qu’« il n’est plus possible de continuer ainsi dans ce pays, d’assister silencieux à ce qui se passe quand vous voyez des Algériens qui en arrivent à se brûler vif, où encore quand la jeunesse depuis des années n’a d’autres moyens de s’exprimer que par les émeutes…aujourd’hui nous ne pouvons plus nous taire »lancera-t-il

Reconnaissant encore que le contexte d’aujourd’hui à l’échelle du monde Arabe est une occasion, la CNCD lance alors cet appel à toutes les franges de la société Algérienne pour pousser au changement dans le pays, un changement du système et non dans le système seulement qui n’apportera rien pour les Algériens : « personne ne peut amener seul le changement, le temps est venu de se solidariser et d’unir les forces pour changer le système … ». Et l’orateur de poursuivre sur la nécessaire mobilisation dans toutes les villes d’ Algérie et pas seulement dans la capitale avec cette phrase « Il n’est plus temps de nous quereller et de s’entredéchirer, alors que des gens dans le pouvoir sont en train de piller le pays et de servir ,tous les Algériens doivent se réapproprier les espaces publics et revendiquer leurs droits et la démocratie… »

Dans la salle fuse à maintes reprises des « vives l’Algérie libre démocratique, assez de la Hogra et de la corruption »

Des jeunes membres de la CNCD s’exprimeront ensuite pour dire combien cette frange de la société étaient marginalisée, sans espoir sans perspective et que rien n’allzit: « je ne peux pas dire que ça va quand je vois des vieux faire la queue dès 4 heures du matin pour percevoir leurs misérables pensions, quand pour obtenir un simple document administratif à la mairie il faut une intervention ou payé.»

Une jeune étudiante avec émotion dira son refus de vivre en passant par la corruption :« je refuse la corruption, j’ai mal pour ce pays et je refuse comme on me le suggère que le mieux serait de partir à l’étranger, je refuse de partir de mon pays …. »

Un universitaire de la faculté de Droit fera un exposé sur les implications dans la vie au quotidien de l’ état d’urgence qui a maintenant 19 ans. Abordant les aspects juridiques de l’état de siège l’orateur expliquera que dans les faits, l’état d’urgence a été utilisé par le pouvoir pour confisquer toutes les libertés individuelles et collectives et de citer des exemples :le refus de reconnaitre des syndicats autonomes, l’instrumentalisation de la justice pour interdire les grèves, empêcher les regroupements et manifestations pacifiques tout étant soumis à autorisation par l’administration toute puissante relais du pouvoir ect.

Durant plus d’une heure la parole sera donnée aux citoyens venus assister à ce meeting, les trois quart des interventions seront des récits des dénis de droit, de l’injustice, comme cr cadre de Sonatrach injustement accusé et incarcéré pour corruptions et qui sera après 4 ans de prison innocenté, certains de ses collègues accusés également, se retrouvent aujourd’hui brisés, l’un est même mort depuis, n’ayant jamais pu se remettre. Ou encore ces pères de familles au chômage à la rue :la Hogra, la corruption, la répression…tout y passera parfois avec beaucoup d’émotion. A la fin du meeting l’appel à rejoindre la coordination sera réitéré avec cette invitation à la population de se mobiliser pour un vrai changement démocratique dans le pays.

Fayçal M