Donné pour morte depuis 2003, puis ressuscitée en grande partie grâce aux contrats avec l’Algérie, la société Alstom a annoncé, il y a quelques jours, le rachat de la branche Transmission et distribution T&D d’Areva pour un montant de 2.3 milliards d’euros, a rapporté Le Point.

Son état de bonne santé financière peut lui permettre de concevoir des prototypes délirants. Un projet de centrale nucléaire sous la mer nommé flexblue (flexible Energy blue) intégrant des technologies ne nécessitant pas de lourds investissements est d’ores et déjà annoncé pour 2017. Cette centrale est composée d’un cylindre d’une centaine de mètres de longueur, de 12 à 15 mètres de diamètre dont les entrailles abriteront un réacteur nucléaire, immergée entre 40 et 100 mètres de la surface de la mer, proche de 5 à 15 kilomètres du littoral.

Le concept entre en phase d’étude de validation en partenariat avec Areva, EDF et le CEA. Outre la dangerosité des ces centrales nucléaires, le projet s’adresse aux pays émergents. La France ne propose que la vente des centrales mais garde l’exclusivité de l’approvisionnement en uranium, qu’elle ira puiser dans ses mines au Niger, l’exclusivité des déchets nucléaire dont la technicité et le savoir-faire, resteront entre les mains des ingénieurs français.

Un diplomate français, sous couvert de l’anonymat, explique qu’en « contrôlant la fourniture et le recyclage du carburant atomique, nous ne vendons que des centrales « halal » pour éviter toute dérive vers un autre usage que civil. Anne Lauvergeon, présidente du groupe Areva déclare en 2008 que « l’uranium est un des éléments moteurs de notre succès. Notre modèle, c’est Nespresso : nous vendons les cafetières et le café qui va avec. Et le café, c’est très rentable », conclut-elle.

Kaddafi, Bouteflika, Ben Ali et Mohammed VI ont signés des accords pour l’étude de faisabilité et du financement de centrales livrables d’ici à une dizaine d’années, précise Jeune Afrique. Le Maghreb s’engage donc dans le nucléaire. Les années noires en Algérie ont retardées ce projet, mais le programme est déjà en route. Ils récupéreront des centrales dont ils devront maintenir à vie la maintenance. Le néocolonialisme moderne a encore de grandes années devant lui !

Leila M