Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, a affirmé mercredi que l’idée de la levée de l’état d’urgence est « assez ancienne » et n’a pas été prise sous la contrainte des évènements qu’a connus le pays au début du mois de janvier dernier. « L’idée de la levée de l’état d’urgence est assez ancienne. La dernière fois que cela a été évoqué c’était lors de la réunion d’évaluation du secteur de l’Intérieur par le président de la République durant le mois de ramadhan dernier au cours de laquelle la possibilité de la levée de l’état d’urgence a été envisagée », a expliqué M. Ould Kablia dans un entretien à la chaîne de télévision « France 24 ».

« Les évènements du début du mois de janvier dernier ont peut-être précipité les choses », a-t-il dit.

Le ministre a assuré, par ailleurs, que la lutte contre le terrorisme va se poursuivre. « Il est possible maintenant de continuer à lutter contre le terrorisme pour l’éradiquer sans l’utilisation de moyens exceptionnels », a-t-il souligné.
Interrogé, par ailleurs, sur l’interdiction des marches dans la capitale, le ministre a indiqué que celles-ci, contrairement aux réunions et autres manifestations, sont soumises à une autorisation « dès lors qu’il s’agit d’occuper un espace public » et que « si on l’occupe de manière non-organisée avec des arrière-pensées cela peut créer du désordre ».

Concernant le cas de la capitale, il a fait remarquer qu' »Alger, qui est une grande ville, est ciblée par le terrorisme parce que l’impact médiatique est extrêmement important ».

M. Ould Kablia a ajouté que les initiateurs de la marche ont d’autres moyens de s’exprimer, rappelant que les pouvoirs publics leur ont proposé de mettre à leur disposition des salles « pour s’exprimer en toute liberté en présence des médias nationaux et étrangers ».

« Mais, les initiateurs de la marche veulent une confrontation avec les forces de l’ordre pour montrer à l’opinion nationale et internationale, qu’ils ont en face d’eux un régime répressif et policier », a-t-il dit.

A une question sur les personnes interpellées lors des manifestations de janvier et les marches d’Alger, le ministre a assuré que « les manifestants arrêtés ont été tous libérés, malgré parfois la lourdeur des charges » retenues contre certaines d’entre elles.

« Les personnes interpellées lors de la marche du 12 février ont été libérées sur le champ, alors que pour la marche du 19 février, il n’y a eu aucune interpellation », a-t-il affirmé.

Interrogé, par ailleurs, sur la situation sociale en Algérie, M. Ould Kablia a indiqué que, depuis 1999, le gouvernement a anticipé presque sur tout ce qui pouvait constituer les revendications et les préoccupations des citoyens », affirmant qu’il y a une « accélération » de toutes les mesures et dispositions prises dans les différents domaines, notamment ceux de l’emploi et du logement.

Après avoir rappelé les réalisations du pays dans les divers domaines durant la dernière décennie, le ministre a souligné que les projets d’investissement sont « équitablement répartis » à travers l’ensemble du territoire national avec un « effort supplémentaire » pour les zones déshéritées dans les régions des hauts plateaux et du Sud.

C’est dans ce cadre que M. Ould Kablia a affirmé que « le régime algérien n’est pas menacé », soutenant que le peuple « a conscience, dans sa globalité, que ce que réalise l’Etat , est certes insuffisant, mais déjà extrêmement important ».

APS

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