Depuis quelques semaines, les étudiants en médecine sont victimes des plus folles rumeurs quant au chamboulement en marche de leur parcours universitaire.

Jeudi, à l’initiative d’un groupe d’internes, un rassemblement d’une centaine de personne a été organisé au niveau de la faculté de médecine, M’hamed Maherzi, ex-Laperrine, à Alger. Ordre du genre : se concerter et rédiger une plateforme de revendications à présenter au ministre de l’enseignement supérieurs et à celui de la santé et la réforme hospitalière, dont ils dépendent.

En cause, un hypothétique texte de loi, qui bouleverserait leur schéma scolaire. Selon certains bruits, les durées de d’internat et du service civil auxquels sont soumis les étudiants en médecines y seraient rallongés, ce qui n’est pas pour plaire aux principaux concernés qui font déjà des études très longues.

Autre point litigieux (s’il venait à être confirmé), un concours national de résidanat remplacerait l’examen actuel propre à chaque faculté de médecine (Alger, Oran, Sétif, Batna etc). Un changement synonyme de mobilité des étudiants en médecine, dès leur résidanat, sur tout le territoire national.

Les populations en otage

Paradoxalement, ce mouvement de contestation, n’est pas lié à un décret, ou une loi précisément promulguée. Il fait suite à une série de rumeurs à ce sujet. Il faut dire, que le black out imposé par les autorités à ce sujet, n’arrange en rien les choses. Les administrations concernées, n’ont en effet, ni démenti ni confirmé pour le moment ces rumeurs.

Par ailleurs, selon les mêmes sources, ces modifications viseraient à désenclaver les régions les plus reculées du pays, qui manquent cruellement de médecins. Que ce soit dans l’extrême sud, ou dans les villes de l’intérieur, certaines spécialités sont quasi-inexistantes, ce qui complique d’autant plus la vie des autochtones.

Le cadre de vie languissant, le confort spartiate et le manque de moyens dans ces contrées n’attirent en effet que rarement les jeunes médecins.

Pour leur part, les étudiants en médecine et jeunes médecins demandent plus de considération. « Au lieu d’améliorer les conditions de vie et de travail des médecins dans les zones reculées, afin de les y attirer, les pouvoirs publics, préfèrent les leur imposer » déplore un jeune interne. « C’est bien beau de vouloir désenclaver ses régions, encore faut-il y mettre les moyens » ajoute un jeune médecin.

Rarement offensive face aux pouvoirs publics qui ne les impliquent jamais dans les décisions impliquant de leur devenir, la communauté estudiantine semble, elle aussi, s’agiter en ces temps d’ébullition à tout va. En effet, les médecins ne sont pas les seuls à tenter de s’organiser. Dans la journée de jeudi, l’école nationale polytechnique, l’USTHB, et l’Ecole supérieure de commerce, étaient, pour ne citer que celles-ci, toutes en effervescence.

Kha-Louna