C’est presque sans surprise que les animateurs de la CNCD–Oran ont appris que leur demande d’autorisation d’une marche prévue ce samedi 5 Mars au centre ville d’ Oran, avait été interdit par la wilaya (préfecture). L’interdiction leur a été signifiée verbalement par le responsable du Département de la réglementation et de l’administration générale (DRAG) qui a reçu à sa demande deux membres de la CNCD–Oran ce mercredi.

Cette réponse négative a suscité plusieurs remarques de la part des délégués de la CNCD–Oran qui ont déclaré dans une conférence de presse que ce refus est « une preuve supplémentaire que l’annonce par le chef de l’Etat de la levée de l’état d’urgence dans le pays est exclusivement destinée à la consommation internationale; dans les faits et par la pratique de l’administration et du représentant de l’ Etat au niveau local c’est toujours l’état d’urgence puisque l’on veut encore empêcher les Algériens d’user de leurs droits constitutionnels».

Encore une fois, les intervenants ont dénoncé l’attitude du représentant de la wilaya qui a donné une réponse verbale :  » il est inadmissible qu’une administration, qu’un représentant de l’autorité de l’Etat use de telles pratiques en refusant de répondre par écrit et comme ce doit de le faire toute administration qui se respecte. Ce sont là des pratiques qui en disent long sur le peu de cas qui est fait de la loi et des intentions des pouvoirs publics. » ont-ils dit.

Il semblerait que le DRAG ait motivé ce  » non verbale »à la marche, par le fait que la CNCD-Oran n’ait pas respecté les délais de 8 jours. Là encore l’argument est battu en brèche par les jeunes membres de la coordination puisque nous rappelle t-on, le ministre de l’intérieur avait déclaré à la presse qu’avec la levée de l’état d’urgence les délais de demande n’étaient que de 3 jours : « y aurait-il deux administrations dans le pays ? » se sont interrogés les représentants de la CNCD-Oran.

Pour ce qui est de la marche du 5 Mars, la CNCD-Oran rappelle que celle-ci avait été décidée il y a plus de 10 jours, au lendemain de leur meeting qui avait eu lieu dans une salle de cinéma, et que lors du dépôt de la demande d’autorisation, un chef de service avait tenté de refuser de prendre ladite demande. « Encore un comportement comme toujours inadmissible que nous dénonçons et auquel nous refusons de céder ! » a expliqué l’un des principaux animateurs de la coordination.

En dépit de cela les militants de la CNCD–Oran ont entamé leur travail de proximité en direction de la population pour expliquer que cette nouvelle action et celles qui ont précédés, sont destinées à permettre aux Algériens de casser le mur de la peur et de pouvoir de s’exprimer librement et pacifiquement dans l’espace public leur volonté d’aller vers un vrai changement démocratique en Algérie.

Sur la question de la peur qui semble faire peser une chape de plomb sur la population oranaise les animateurs de la CNCD–Oran ont expliqué qu’ils ont tenté en vain de trouver un huissier de justice pour déposer la demande d’autorisation. Dès qu’il s’est agi de leur en expliquer les raisons et le destinataire, tous (les huissiers) se sont rétractés : « voilà ce qu’est l’Algérie où l’on maintient tout le monde dans la peur… » constate armement un membre de la CNCD-Oran.

Fayçal M