La préoccupation de l’Algérie face à la question des droits de l’homme au Sahara occidental a été une nouvelle fois mise en exergue par le représentant permanent auprès des Nations unies à Genève, Driss Jazaïri, au cours du débat général de la 16e session du Conseil des droits de l’homme. Le représentant algérien a notamment souligné que cette préoccupation résulte de la « non réalisation du droit légitime du peuple sahraoui à l’autodétermination », dans une déclaration lors des travaux de cette session qui se poursuivent jusqu’au 25 mars. Il a mis l’accent, en outre, sur les événements qui se sont déroulés en novembre dernier dans la camp sahraoui de Gdeim Izik ou des milliers de civils sahraouis ont été victimes du « démantèlement violent » de ce camp.
M. Jazaïri a indiqué dans ce contexte que l’Algérie appelle à la libération immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis y compris ceux arrêtés durant et après les événements de Gdeim Izik, et à ce que toute la lumière soit faite sur le sort de plus de 650 disparus.

La violence subie par les Sahraouis a été notamment dénoncé, a-t-il rappelé, par l’Union africaine, le Parlement européen, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi que les Parlements de plusieurs pays et des ONG internationales.

M. Jazaïri a, par ailleurs, dénoncé « l’exercice habituel de dénigrement à l’encontre de l’Algérie à la simple évocation du droit du peuple sahraoui » auquel se livre au sein du Conseil l’ambassadeur marocain.

S’exprimant devant le Conseil, le représentant algérien a notamment relevé que ce délégué transgresse, à travers ses propos, « les règles élémentaires de courtoisie », en s’en prenant personnellement au ministre algérien des Affaires étrangères.

La délégation algérienne et son ministre des Affaires étrangères « n’ont fait qu’aborder la situation dans l’un des seize territoires non autonomes reconnu comme tel par tous les Etats du monde sauf le Maroc », a-t-il souligné. Il a, en ce sens, fait référence à la résolution 26/25 de l’Assemblée générale de l’ONU qui dispose sans équivoque que « le territoire d’une colonie ou d’un territoire non autonome possède, en vertu de la Charte des Nations unies un statut séparé et distinct de celui du territoire de l’Etat qui l’administre ». Ce statut « existe aussi longtemps que le peuple de la colonie ou du territoire non autonome n’exerce pas son droit à disposer de lui même », a-t-il précisé.

La définition marocaine de l’intégrité territoriale « viole cette résolution » en incluant le Sahara occidental dans la « définition de l’intégrité territoriale du Maroc », a poursuivi M. Jazaïri, avant de rappeler que les autorités marocaines considèrent que le seul fait d’évoquer le statut séparé du Sahara occidental, pourtant reconnu par les Nations unies à ce territoire, est un « acte de haute trahison ». M. Jazaïri a soutenu que c’est « cette loi du silence, véritable omerta » que l’ambassadeur marocain prétend imposer à l’Algérie, à l’Office du Haut Commissariat aux droits de l’homme et au Conseil.

Pour connaître la vérité, le Conseil « devrait exiger que la Haute Commissaire publie le rapport de sa mission au Sahara occidental et à Tindouf de mai 2006 ou qu’il y envoie une nouvelle mission » a-t-il indiqué, appelant le Conseil à exiger l’intégration d’une composante des droits de l’homme dans le mandat de la MINURSO.

APS