La CNCD a explosé en plein décollage, n’ayant comme bilan que deux tentatives de marche ratées. Ses objectifs de départ, bien qu’ambigus, n’ont pas été atteints, sauf pour la levée de l’état d’urgence, qu’on attribue plus aux pressions étrangères et au contexte régional qu’aux «pressions» populaires. Bien que la fermeture de l’espace public soit l’une des principales raisons de l’implosion de la Coordination, il existe cependant d’autres facteurs, internes, à l’échec de cette tentative de rassemblement pour «un changement démocratique». Retour sur les raisons d’un fiasco.

La LADDH et ses querelles internes

Cœur de la CNCD, la Ligue algérienne de défenses des droits de l’Homme (LADDH) n’a pas été en mesure de sauver une initiative populaire dont elle fût un des principaux membres fondateurs. La situation actuelle de la LADDH est catastrophique puisque divisée en deux fractions qui se contestent chacune la légitimité de la Ligue. Me Mustapha Bouchachi a engagé son aile au sein de la CNCD dont il fut le porte-parole tandis que l’aile de Hocine Zahouane l’a boycottée. Les militants de la LADDH ne s’y retrouvaient plus, ce qui n’a pas arrangé les affaires de la CNCD, puisqu’elle s’est retrouvée rattrapée par les querelles internes de la LADDH.

Jeunes et vieux, ça ne parle pas la même langue

Dès le départ, la CNCD s’est voulue être une mosaïque populaire regroupant des partis politiques, des associations et plusieurs représentants de la société civile. Un problème est apparu cependant pendant les débats, notamment après la marche avortée du 12 février dernier. La jeunes génération, représentée notamment par les collectifs «Algérie Pacifique» et «Le Club des Démocrates» ne partageaient pas les mêmes opinions de leurs aînées au sein de la CNCD. Les vieilles querelles ont refait surface entre «éradicateurs» et «réconciliateurs» et la jeune génération n’appréciait pas vraiment les tentatives de caporalisation de certains partis politiques.

La CNCD n’est plus, du moins dans sa version initiale qui aspirait à réunir un large éventail de la société algérienne. Reste à présent à ceux qu’on qualifie de «vieille école» de revoir leur stratégie et d’essayer de comprendre pourquoi leur discours ne séduit plus les Algériens.

Ali B.