Le sit-in organisé lundi par une soixantaine de délégués d’étudiants de plusieurs universités du pays devant la Présidence de la République, a été levé dans le calme, après la remise par une délégation de cinq étudiants de leurs doléances axées sur une « réforme profonde » de l’université algérienne. La délégation d’étudiants protestataires, qui a été reçue par un responsable de la Direction des relations avec les citoyens, a décidé de mettre fin à ce rassemblement de près de deux heures, après avoir informé le reste des étudiants que des responsables de la Présidence l’a assuré de remettre leurs doléances au chef de l’Etat.

« Nous allons informer les étudiants de l’évolution de la situation et c’est à eux de décider des actions à venir », a déclaré à la presse Ammar, un délégué de l’Université de Boumerdès. Refusant de résumer la crise que traverse l’université algérienne à « un débat autour de passerelles à trouver entre le système classique et le nouveau système LMD », il a fait savoir que les étudiants protestataires souhaitaient « une évaluation de l’ensemble des réformes opérées ces dernières années en vue d’aller vers une université qui soit au diapason des exigences du développement du pays ».

Ce sit-in a été organisé par des délégués d’étudiants de 10 universités, à savoir Boumerdès, Annaba, Constantine, Oran, Mostaganem, Bab Ezzouar (Alger), Dely Brahim (Alger), Jijel, Chlef et Blida, ainsi que trois écoles nationales préparatoires et 8 écoles supérieures.

Dans leur lettre adressée au président de la République, ces étudiants dressent un état des lieux de leurs universités qui connaissent, selon eux, « une dégradation de la qualité de formation ».

« La création et la généralisation tous azimuts de nouvelles formations, en l’absence d’une cohérence et d’une uniformisation par rapport aux standards universels », ainsi que « le manque de communication entre la tutelle et la famille universitaire » sont les autres griefs formulés par les délégués.

Ils déplorent aussi « un manque d’évaluation pédagogique de l’enseignement supérieur et des réformes induites, les mouvements de contestations qui deviennent récurrents et la dégradation du cadre socio-pédagogique des étudiants ». Il réclament, à ce titre, une « évaluation » de toutes les réformes de l’Enseignement supérieur initiées jusqu’ici, la prise en charge « immédiate et effective » des revendications socio-pédagogiques des étudiants et la dotation de l’Université de moyens pédagogiques adéquats.

Ils demandent également « l’implication de l’Université dans l’effort de développement de l’économie nationale », et la mise en place à cet effet d’instruments « favorisant l’émergence de projets créateurs d’emplois pilotés par des universitaires ».

Ce sit-in a été organisé parallèlement à la tenue de plusieurs réunions dans différentes universités du pays, portant sur la préparation aux débats décidés par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique sur les passerelles entre le système classique et le système LMD.

APS