Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a indiqué dans un quotidien national paru jeudi que le Maroc « est d’une certaine manière responsable » du blocage du processus de négociations avec le Front Polisario. La responsabilité du blocage du processus des négociations entre le Front Polisario et le Maroc incombe à ce dernier, a déclaré M. Medelci dans un entretien accordé au journal arabophone El-Khabar, soulignant que l’Algérie « n’est pas satisfaite » des résultats du processus de ces négociations. Le chef de la diplomatie algérienne a estimé que les négociations entre les deux parties (Maroc et front Polisario), « n’ont enregistré aucune avancée en dépit des efforts de l’Algérie visant à aider l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, à accomplir sa mission dans les meilleures conditions ».

Pour le ministre, le Maroc est responsable de ce blocage « du fait qu’il cerne la solution dans son approche tout en rejetant la proposition du Front Polisario qui est aussi reconnue par le Conseil de sécurité de l’ONU ». « Je pense qu’il y a encore une prédisposition chez les deux parties au conflit outre la volonté de Christopher Ross et du secrétaire général de l’ONU de poursuivre les efforts en vue de parvenir aux résultats escomptés par la communauté internationale », a-t-il soutenu.

M. Medelci a par ailleurs tenu à indiqué que « quel que soit le poids de la question du Sahara occidental, les relations entre l’Algérie et le Maroc restent très importantes et d’une grande valeur » soulignant que l’Algérie n’a « aucune autre intention que de coopérer de manière étroite avec ce pays frère ».

S’agissant des moyens d’élargir cette coopération, M. Medelci a estimé qu’il convient d’abord de « respecter l’attachement de chaque partie à ses positions et principes vis-à-vis de la question du Sahara occidental ». Il a souligné que l’Algérie a décidé d’élargir la coopération bilatérale à certains secteurs considérés comme importants et sensibles tels l’énergie, la jeunesse, le sport et la formation. L’Algérie « ne trouve pas d’inconvénient à élargir à l’avenir cette coopération à d’autres secteurs mais en gardant le dossier de la question du Sahara occidental sur la table des Nations unies et que chaque partie respecte la vision et la position de l’autre », a-t-il précisé.

A une question sur la possibilité d’ouvrir prochainement les frontières entre l’Algérie et le Maroc, M. Medelci a affirmé que « la réouverture de la frontière algéro-marocaine n’est pas à l’ordre du jour », précisant que « cela ne signifie pas que les frontières vont rester fermées à jamais ». Il a souligné que la coopération bilatérale dans certains secteurs a pour objectif de « travailler de concert dans l’intérêt des peuples algérien et marocain ».

APS