Une nouvelle organisation des marchés de gros des fruits et légumes ainsi que de la filière viande, la réhabilitation des grandes surfaces et le réexamen du crédit à la consommation sont les principales propositions formulées par l’UGTA afin d’améliorer le pouvoir d’achat des algériens et créer quelque 430.000 emplois. « Soucieuse de la question du pouvoir d’achat et son influence sur le bien être individuel et collectif, l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens) formule des propositions de prise en charge durable et rapide de cette problématique », écrit la centrale syndicale dans un document transmis lundi à l’APS, en estimant que ces mesures « favoriseront le renforcement du processus de stabilité sociale ».
S’agissant d’ouverture et d’organisation des marchés de gros des fruits et légumes, le partenaire social estime que cette suggestion vise à « densifier le réseau de distribution en multipliant les marchés de gros » évitant ainsi de créer un déséquilibre des approvisionnements.

Pour une meilleure organisation de ces infrastructures, elle a proposé de réactiver l’Ofla (Office de fruits et légumes algériens) pour permettre de juguler les prix autour d’un niveau « socialement acceptable et économiquement viable ».

Une telle action encouragera aussi la commercialisation de la production nationale, la maîtrise du marché par l’établissement de mercuriales de prix et aussi d’éviter une fluctuation drastique des prix des produits de large consommation.

Dans le même contexte, la mise en oeuvre de ce dispositif aura un impact direct sur l’emploi car cela permettra, selon des estimations de la centrale syndicale, de créer plus de 90.000 postes, dont environ 2.900 emplois durant la phase d’investissement, 22.200 durant la phase d’exploitation en plus de quelque 67.000 postes indirects à créer.

Ces estimations sont basées sur un scénario portant réalisation d’une dizaine de marchés de gros, 5.000 places de vente de détail et 48 antennes régionales de l’Ofla pour un investissement total de 82 millions de dollars.

En cas de sa concrétisation ce scénario permettra, entre autres, de réduire les marges des prix en gros et au détail, selon la même source.

Le document de l’UGTA propose, en outre, de réactiver l’Office national d’importation et de commercialisation (Onaco) afin de contribuer à la régulation des prix et des marges de bénéfices des produits alimentaires importés comme les légumes secs, le café, le thé et le sucre.

A propos de la filière viandes (rouge et blanche), la centrale syndicale propose également la création d’un office dédié à la régulation et la commercialisation de cette filière. La mise en place d’une telle structure permettra, d’après l’Union, de réduire les prix à la consommation de ces produits et aussi d’encourager la production nationale qui « trouverait une régularité des débouchés des produits d’élevage et dérivés pour permettre également d’alimenter la filière laitière ».

En terme d’emplois, cette action pourrait générer plus de 300.000 postes, toujours d’après les projections de la centrale syndicale.

Concernant la réouverture et la réhabilitation des grandes surfaces, qui devrait se faire en partenariat avec le secteur privé national, la centrale syndicale propose de consacrer ses espaces à la commercialisation exclusive de la production locale et des produits subventionnés de large consommation.

Ce dispositif serait efficace, selon la même source, pour « venir à bout des spéculations qui rongent le pouvoir d’achat des couches diminuées de la population ». Cela permettra également de créer prés de 40.000 postes d’emplois et d’améliorer l’efficacité et le ciblage des transferts sociaux de l’Etat.

Pour ce qui est de la relance des coopératives de consommation, il a été souligné qu’une telle action, « qui a fait ses preuves par le passé », aurait « à coup sûr un effet bénéfique sur la stabilisation des prix des produits de large consommation et de la production nationale ».

Dans la même optique, la mise en place de ce dispositif devrait être accompagné par le réexamen du crédit à la consommation en direction des ménages pour acquérir des bien et services produits localement.

L’UGTA a, par ailleurs, proposé de soutenir la production nationale du ciment et des matériaux de construction pour répondre à une demande sociale de logement de plus en plus importante et « source de tensions difficilement gérables ».

La centrale syndicale a, enfin, suggéré de réviser la fiscalité et les taxes douanières afin de « les mettre en cohérence avec les objectifs d’encouragement de la production nationale, de création d’emplois et de défense du pouvoir d’achat des citoyens ».

 

APS