La cinéaste tunisienne Nadia El Fani présente à Cannes son dernier film , »Ni Allah, ni Maître ». Navré, mais que vient faire Allah dans cette histoire ! C’est comme si je fais un film pour afficher mon soutien à Gaza en le titrant « Ni torah, ni Occupation », ou une connerie de ce genre. C’est normal qu’elle soit à Cannes, c’était le but de… la manœuvre. Salman Rushdi, Tasslima Nassrien et la médiocre Wafa Sultan surfent sur la haine et savent que l’occident est un bon client dès que tu tapes sur l’islam. Comme c’est trop facile de jouer sur les cordes sensibles. C’est de la prostitution manifeste. C’est étrange que la liberté d’expression s’applique et se manifeste uniquement contre l’islam. Pourquoi personne n’a le droit de dire un seul mot sur des sujets tabous en occident ? « Ni Allah » c’est une négation de Dieu. Pourquoi le négationnisme ne s’applique-t-il pas à ce sujet ? Comme c’est bizarre !!!

Je viens de voir l’extrait visible sur le net de ce film. Cette femme veut changer la Constitution de son pays. C’est le syndrome de BHL; on n’est plus dans le cinéma.

Mon désaccord ne porte pas sur le contenu du film, personne ne l’a vu, mais sur la provocation du titre. J’estime que « LA LIBERTÉ D’EXPRESSION » est une clause où un fourre tout qui permet de glisser habilement dans des zones d’ombre pour certaines personnes très malines qui l’utilisent à des fins très dangereuses. Ou cette clause s’applique sur tout les sujets sans aucune restriction ou elle ne concerne qu’une partie du monde qu’on a décidé d’attaquer ! Et puis  » le droit de ceci ou de cela » c’est dans quelle loi et quel est le numéro de l’article qui le stipule ? A-t-on le droit de bombarder l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Palestine ? C’est aussi au nom de la liberté ! Oui mais, le mode d’expression n’était pas le même. On sait très bien qu’on ne peut pas faire des films sur les sujets qu’on veut. Si je fais un film sur le nombre de nos martyres Algériens durant la guerre face à la France, la contestation sera des deux côtés ! Mais ai-je le droit de faire un film sur le nombre de victimes de la « Choah » ? Ah, pas touche ! C’est un sujet interdit pour tout le monde. Donc, c’est quand on est médiocre qu’on a besoin de coups de vice et d’approche tordue et malsaine pour exister. Je ne soutiens jamais des gens qui attaquent d’autres gens sous prétexte qu’ils sont libres !

Nous cherchons tous à nous lier avec nos nuances, nos ressemblances et nos divergences. J’aime ce dialogue constructif où on ne prend pas les propos pour soi. J’aime quand l’égo reste à l’écart de l’échange parfois passionnel. J’aime la démarche de CHAHINE ce grand Monsieur qui portait en lui seul toute les contradictions. Voilà un cinéaste encore d’actualité dont il faut regarder la filmographie à la loupe. Point d’outrage dans ses propos. Cet homme pouvait être chrétien et homo en terre d’islam et surtout reconnu et revendiqué par tous les arabes et musulmans. Observons les cinéastes Iraniens et ce cinéma fin et intelligent. Et puis pourquoi aller loin : Le Cinéaste Nouri Bouzid (avec qui tu as fais un film important Nadia) quand il s’attaque à la pratique de la torture en Tunisie il titre son film « Les sabots en or » pas  » les fils de pute »…

En tant que cinéaste, je ne suis pas invité ni en Algérie ni à Tunis ni à cannes et pourtant depuis 30 ans je n’ai jamais obtenu un seul Centime ni des miens ni de leurs adversaires. Pourquoi je n’ai jamais utilisé ce genre de manipulation afin d’attirer la presse sur moi ? Les gens intègrent ne trichent pas.

Une offense est une insulte. Une négation de faits historiques est condamnable par la loi. Une provocation verbale intentionnelle génère une hostilité et une réaction d’indignation. Cette femme connait l’arabe et sait l’utiliser et ne peut bénéficier de circonstances atténuantes quant à son intentionnel désir d’interpeller une partie de la population qui ne partage point sa foi. Il n’est pas question de combat dans cette affaire. Elle est entrain de se servir de la sincérité des gens. On a vu dans le passé des gens qui ont organisé leur propre kidnapping ou rédiger leur propres menaces de morts…N’est pas ennemi publique qui veut. N’est pas martyre qui veut non plus. Quant à nos confessions réciproques c’est vraiment une histoire privée qui ne regarde personne, donc pas soumise ni à une approbation ni à une interdiction. Et personne n’a à cautionner, valider ce que nous sommes et ne nous sommes pas. Viens pisser devant ma porte sous prétexte que le trottoir est public !!!!

Je suis choqué de voir Lars von Trier viré du festival de Cannes alors que Nadia El Fani avec son titre blasphématoire est, elle, une invitée de choix. Je ne comprends pas pourquoi que les institution musulmane s’insurgent contre le titre de ce film alors que le CRIF n’a pas hésité à trainer Von Trier dans la boue.

La liberté d’expression merci j’en veux pas si elle s’applique pour certains au détriment des autres…

Hamid Benamra, cinéaste