La mise en place d’organes régulant la scène médiatique nationale a été vivement soulignée lors d’une table ronde organisée jeudi soir à Alger par des professionnels du secteur.

« Il est impératif de mettre en place des instances de régulation de la presse nationale qui demeure dans un état pitoyable du point de vue éthique et organisationnel », a indiqué M. Amar Belhimer, journaliste et docteur en droit, lors de cette rencontre sur le thème « La presse algérienne : état des lieux et perspectives ».

M. Belhimer a suggéré, à ce propos, la restauration des deux autorités de régulation (le Conseil supérieur de l’information et le Conseil supérieur de l’audiovisuel) créées dans le cadre de la loi 90-07 portant code de l’information et dissous en 1992. Arborant, dans ce sens, un document intitulé « Baromètre africain des médias » évaluant la situation de la presse algérienne, Il a dressé un bilan négatif de cette presse en matière d’éthique et de déontologie, et d’exactitude et d’impartialité dans le traitement de l’information.

Il a estimé qu’à cause d’une formation professionnelle « généralement insuffisante », les normes techniques n’étaient pas toujours respectées et le traitement des événements était largement superficiel. Dans certains cas, a-t-il dit, les journaux se contentent de l’information qui leur ait fourni sans mener leur propre enquête.

Il a relevé que l’autocensure à tous les échelons d’une rédaction était devenue, à la longue, une pratique courante, notant que les médias privés faisaient attention aux gros annonceurs. A côté de l’autocensure, a-t-il ajouté, « les propriétaires des médias empiètent sur l’indépendance des journalistes ».

De son côté, M. Ali Djerri, ancien directeur du quotidien El Khabar, a plaidé, lui aussi pour la création d’instances régulant le secteur, relevant une saturation du marché de la presse par la création de nouveaux titres « au mépris de capacités d’absorption du secteur ». Il a indiqué que le secteur de la presse écrite est en nette recul en matière d’organisation et de formation des journalistes, notant l’absence presque systématique de couverture sociale et la faiblesse des moyens de travail.

M. Djerri a expliqué, par ailleurs,que l’accès à l’information publique est « théoriquement libre, mais, a-t-il dit, dans la pratique elle n’est pas organisée et est difficile ».

APS

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