La Russie a reconnu comme représentant légitime de la Libye le Conseil national de transition (CNT, opposition), a annoncé jeudi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Russie, ajoute ce texte, prend note du « programme de réformes annoncé par le CNT, qui prévoit l’élaboration d’une nouvelle Constitution, la tenue d’élections générales et la formation d’un gouvernement ».

La Russie, rappelle le communiqué, a toujours maintenu les relations diplomatiques avec la Libye, « quel que soit le gouvernement au pouvoir à Tripoli. Nous considérons que tous les traités signés par la Russie et la Libye, ainsi que les autres engagements mutuels, resteront en vigueur ».

La Russie, qui a critiqué la campagne militaire de l’OTAN en Libye, sera représentée à la conférence internationale de soutien à la Libye qui se tient ce jeudi à Paris. Une soixantaine d’Etats et d’organisations sont attendues.

Pour Paris, l’enjeu de la rencontre est « double ». « Il s’agit de rassembler la communauté internationale derrière et en soutien des nouvelles autorités libyennes, pour les aider à engager et à réussir la transition et la reconstruction », déclare une source élyséenne.

En second lieu, la conférence doit permettre « d’offrir une tribune » à ces nouvelles autorités, « d’une part pour leur donner l’occasion de présenter leur vision de la Libye nouvelle(…) et d’autre part, c’est l’occasion d’exprimer les besoins en aide d’urgence », selon la même source.

Sur le plan financier, la France a engagé cette semaine le déblocage de 1,5 milliards d’euros d’avoirs libyens qui avaient été gelés, dans la foulée de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré jeudi matin sur RTL que la France « vient d’obtenir l’autorisation de verser 1,5 milliards d’euros, qui appartiennent aux Libyens, ce n’est pas de l’argent français, au CNT pour qu’il puisse engager la reconstruction ».

M. Juppé a par ailleurs estimé que l’Algérie a eu sur la question libyenne « une attitude ambigüe, c’est le moins qu’on puisse dire. Je suis allé moi-même en parler au président Bouteflika, qui m’avait assuré que l’Algérie ne donnait à la Libye qu’une aide humanitaire. J’espère que cela se vérifiera », a ajouté le chef de la diplomatie française.

L’Algérie, qui a provoqué des tensions avec l’insurrection libyenne en accueillant sur son territoire l’épouse de Moammar Kadhafi et une partie de sa famille, sera représentée jeudi à la conférence par son ministre des Affaires étrangères.

En Libye, un responsable du CNT, Ahmed Saïd, a déclaré jeudi que l’insurrection avait arrêté le ministre des Affaires étrangères de Moammar Kadhafi, Abdelati al-Obeïdi, sans fournir de plus amples précisions. Moammar Kadhafi reste pour sa part introuvable

AP