Ce mercredi 14 septembre, les familles de disparus, qui tenaient leur rassemblement hebdomadaire non loin de la CNCPPDH, ont croisé la route de la délégation du Comité internationale de coordination des institutions nationales de protection des droits de l’homme (CIC) de l’ONU qui se rendait à La Commission. Les familles de disparus n’ont pas manqué de se faire entendre.
Une cinquantaine de familles de disparus manifestaient ce mercredi devant la Caisse national des dépôts où elles sont confinées depuis l’interdiction de leur rassemblement devant le siège de la CNCPPDH. Vers 10h, alors qu’elles criaient leurs slogans depuis une heure, le cortège de la délégation du CIC est apparu. Instinctivement, à la vue des motards, les familles de disparus ont envahi la route en brandissant les photos des leurs pour attirer l’attention de la délégation. N’étant pas invitées à la réunion organisée ce 15 septembre entre la délégation du CIC et des organisations de la société civile proposées par la CNCPPDH, les familles de disparus ont alors décidé de se rendre à la CNCPPDH pour interpeler la délégation présidée par Madame Rosslyn Noonan.

A leur arrivée sur la placette Addis Abeba, les familles de disparus ont trouvé deux policiers déjà fermement décidés à les empêcher de s’approcher du portail de la Commission pourtant lourdement cadenassé. Peu à peu les renforts sont arrivés, les policiers ont fait une barrière humaine pour empêcher les familles de s’approcher du portail. Nassera Dutour a réussi à passer son bras à travers les grilles de la Commission, la photo de son fils à la main. Elle a été violemment repoussée par un policier qui essayait de lui arracher la photo. Le ton est monté, les familles hurlant leurs slogans « Ksentini, nos enfants ne sont pas à vendre », « notre justice est traître, cour pénale internationale », « Commission d’enquête internationale».

Les cinq membres de la délégation, interpelés par les cris et les slogans, se sont approchés du portail. Il semblerait que les membres de la délégation du CIC, manifestement très surpris, n’étaient pas au courant du dossier des disparus.

Les familles ont pu expliquer, sous la surveillance des policiers, qui elles étaient et ce qu’elles demandaient. Elles ont souligné que leur rassemblement devant la CNCPPDH était interdit depuis le mois d’août 2010 et que les portes de cette institution leur était désormais fermées à double tours, Ksentini ayant déclaré à la presse qu’il ne « pouvait plus supporter d’entendre les familles de disparus insulter le Président Bouteflika sous ses fenêtres ». Vivement touchés et intéressés par la situation des familles de disparus, les membres de la délégation du CIC les ont pris en photos et ont assuré qu’ils feraient tout pour se rendre au siège de SOS Disparus, malgré leur emploi du temps rempli par les RDV avec les ministères et institutions officielles.

Au retour du rassemblement, le président de l’association solidarité des actions caritatives, M. Akli El Ayachi, venu manifester avec les familles de disparus en signe de soutien, a été interpellé par 4 officiers de la police judicaire du 9ème arrondissement. Il a été interrogé dans une Golf sur les raisons de sa présence au rassemblement et sur l’association SOS Disparus avant d’être relâché.

Pour rappel, le CIC examine les demandes de statut d’observateur des institutions nationales des droits de l’homme à l’ONU. La CNCPPDH, qui disposait d’un statut A lui conférant un droit de parole devant l’ONU, s’est vu retiré ce statut au motif qu’elle ne respecte pas les critères d’une institution nationale des droits de l’Homme. Il était donc essentiel pour Sos Disparus, de pouvoir se faire entendre sur les violations des droits de l’Homme subies par les familles de disparus et l’attitude inadmissible de la CNCPPDH à leur égard.

Alger, le 15 septembre 2011

Nassera Dutour,

Porte-parole

Collectif des familles de Disparus en Algérie (CFDA)
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