Comment peut-on rester insensible à regarder ces images atroces d’un lynchage réel. Par leurs abjectes diffusions, les médias occidentaux ont montré leur caractère amoral dénué de toute éthique. Il ne s’agit plus ici de paraphraser mais d’être en face de ce qui nous touche dans notre chair et surtout celle de nos descendants. Doit-on continuer d’attribuer le vocable de justice à ces pays couverts dignement sous le paradigme de la démocratie ? Ce sont eux, me direz-vous, les rétrogrades qui ont lynché leur leader qui les avait conquis depuis près d’un demi-siècle ! Juste assez de temps pour inculquer dans le cœur du peuple une croyance d’une longueur de trois générations dont il faudrait le double pour s’en purger. C’est comme qui dirait sous cette optique, commettre un affreux parricide.

Il est vrai qu’on ne choisit pas sa famille, mais à l’heure des grandes écoutes et de la langue de bois des pouvoirs avides de richesses faciles il serait plutôt judicieux de reconnaître ses faiblesses, d’agir en conformité avec ses propres valeurs et voir avec patience les résultats prodigués. Ce peuple a chanté à l’origine, les louanges de son Raïs e’ Daoula et s’est retrouvé par la force des choses soumis à une autorité sans partage puisque celui-ci les aurait copieusement nourris à la cuillère. Au préalable, rien d’autre de préférable n’a été soumis pendant l’écrasante monarchie arabo-africaine que cette région a vécue.

Qu’avons-nous subi durant ces vingt-quatre heures, une humiliation sans nom parce que celle-ci lourde de clichés touche toute la part de notre esprit arabo-musulman. Assister quasiment en direct à un trivial assassinat sous des Takbirs braillés sur des tons effrayants voire des cris d’hyènes par des individus portant la Sunna du Prophète d’Allah (bsl). La cible est parfaite, l’incroyable simplicité des images filmées des mains de profanes de la communication qui nous jettent à la figure l’expression la plus hideuse du genre humain.

Ne nous trompons pas de sujet, il s’agit bien ici de la culture de la déchéance appartenant au monde occidental et non l’inverse où on veut nous faire croire que les décadents sont ces peuples sous développés et sanguinaires. Ce que nous avons aperçu devant nos téléviseurs assis à nos tables garnies de saine nourriture, n’est d’autre qu’un ramassis de mercenaires et de brigands qu’on peut trouver dans les quatre coins du monde.

Il y avait bien longtemps que les dés étaient jetés, les bombardements de « l’OTAN » ont fait leurs sales besognes au nom de la démocratie et se sont discrètement mis aux commandes des opérations de traque. La suite du scénario était simple à imaginer, il suffisait de tirer lentement la ligne déjà amorcée et enfin crocheter le poisson désorienté et affaibli. Les dirigeants arabes quoi qu’ils aient fait ne sont-ils bons qu’à être jetés aux chiens ou aux poissons devant la face du monde ?

Abdelhafid Ouadda, musicien, auteur