La Fédération internationale des droits de l’homme accuse Amesys d’avoir fourni au colonel Kadhafi un système d’interception massive des communications. L’affaire pourrait devenir embarrassante pour le gouvernement français.

« La Fédération internationale des droits de l’homme et la Ligue des droits de l’homme ont déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile auprès du tribunal de grande instance de Paris mettant en cause la société Amesys, filiale de Bull, pour complicité d’actes de torture en Libye », expliquent les deux association de défense des droits de l’homme. La filiale de Bull est accusée d’avoir fourni au colonel Kadhafi en 2007 des technologies permettant d’intercepter massivement les télécommunications dans son pays.

Un vaste système fourni par Amesys, appelé Eagle, aurait alors équipé dès la fin 2009 le centre de surveillance d’Internet de Tripoli, avec un système d’analyse du trafic internet (DPI). Amesys a reconnu il y a quelques semaines avoir fourni au régime de Muammar Kadhafi du « matériel d’analyse » portant sur des « connexions Internet ». Pour mémoire, l’actuel P-DG de Bull, Philippe Vannier, était président d’Amesys lors de son acquisition par Bull en mai 2010. Bull n’a pas encore officiellement réagi à ces accusations.

L’affaire devient embarrassante pour Bull, mais pourrait aussi le devenir pour le gouvernement. En effet, si le ministre de la Défense, Gérard Longuet a récemment déclaré que « son ministère n’avait pas eu à donner son avis » sur cette vente, ce n’est pas ce que pensent tous les élus, comme Christian Paul, député (PS) de la Nièvre, qui a demandé au gouvernement « le contrôle et l’autorisation des autorités françaises sur ce type de marché », les outils vendus étant selon lui « assimilables à des armes technologiques ».

En outre, nos confrères d’Owni viennent également de publier une enquête titrée « Amesys surveille aussi la France ». Elle passe en revue la longue la liste de contrats portant sur diverses technologies d’écoute et d’analyse, signés entre Amesys et la Direction du renseignement militaire français ou le ministère de l’Intérieur.

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