Hillary Clinton, Bouteflika, les généraux ou comment importer le modèle Turc en Algérie

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La disparition de Mohamed Lamari, chef d’état major de l’armée algérienne à la retraite, marque-t-elle la fin du bras de fer entre Bouteflika et les généraux éradicateurs ?  « Le printemps arabe », a-t-il acculé le pouvoir algérien à mettre un terme à ses conflits intestins pour lutter, en bloc,  pour sa survie ? Vieux et Malade, Bouteflika serait tenté de quitter le navire. Mais avant, il doit aller au terme de sa mission de sauvetage d’un régime à bout de souffle. Mais comment compte-t-il y parvenir ?


Le général français à la retraite, Jean-Bernard PINATEL, croit avoir les réponses. Dans une analyse publiée sur son blog,  cet expert reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique, se demande si  les récents évènements, qui ont marqué la scène nationale et régionale de l’Algérie, ne pousseraient pas le régime à amorcer un  « début d’une transition politique vers un régime plus démocratique ? ».  » La création de la commission Bensalah , en mai 2011, par le président Bouteflika, afin de rassembler les propositions des différentes sensibilités politiques et des personnalités nationales pour lui proposer les évolutions souhaitables en matière de loi constitutionnelle et d’élections, est interprétée comme un premier pas dans ce sens. La nomination de Mohamed Touati conforte l’idée que c’est le modèle turc, avant l’accession d’Erdogan, qui semble souhaité par les généraux et auquel Bouteflika, à bout de souffle, aurait consenti » écrit-il.

Soutenu par les américains, encensé par plusieurs leaders islamistes arabes  –  Ghannouchi d’Ennahdha en Tunisie ne cache pas son admiration pour l’AKP, le parti d’Erdogan-, le modèle turc est-il exportable en Algérie ? Possible, répond l’expert français, qui semble cependant méconnaître la situation sociale en Algérie  :  » Cela devrait se traduire par un partage plus équitable du pouvoir politique entre les différentes tendances politiques algériennes, un maintien de l’Armée comme garant de la constitution, une normalisation des rapports avec le Maroc, une ouverture sélective de la frontière algéro-marocaine, attendue par tous les habitants de l’Oranais, et la poursuite de la croissance du niveau de vie des Algériens qui a, sous le régime actuel, doublé ces dix dernières années. »

Hillary Clinton veille sur les « réformes politiques » de Bouteflika

Invitée par son homologue algérien, Mourad Medelci, la secrétaire d’Etat américaine  Hillary Clinton  effectuera , samedi 25 février, une visite de travail à Alger.  A l’ordre du jour :  “des entretiens qui porteront sur la consolidation de la relation bilatérale multiforme qui lie les deux pays, et sur le train de réformes politiques profondes en cours dans notre pays”, a précisé Amar Bélani, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.  Sans doute, Washington voudrait avoir son mot à dire sur l’évolution politique en Algérie.  Les États-Unis ne seraient pas contre un modèle à la Turque. D’autant, qu’Erdogan jouit d’une certaine sympathie auprès des algériens, renforcée par  sa récente sortie médiatique contre la France et ses déclarations sur le « génocide algérien ».   De plus,   le régime algérien semble prêt à composer avec « ses partis  islamistes modérés », qui pour certains sont déjà  présents au gouvernement, le MSP de Soltani en l’occurrence.

Mais, pour donner de la crédibilité à cet arrangement il faudra convaincre les algériens, incrédules, d’aller aux urnes. D’où la  multiplication des appels au vote pour les  législatives du 10 mai et les manœuvres déployées pour faire participer les partis d’oppositions, le FFS notamment.  Ce n’est pas gagné…

Sabribna V