A l’occasion du 12ème anniversaire de sa création, le Forum des Chefs d’Entreprise algériens publie 50 propositions en faveur d’un nouveau Pacte de croissance économique. Créée en 2000, l’association rassemblait 499 entreprises algériennes à la fin de l’année 2011.

Dès sa création, l’objectif est de faciliter la transition de l’économie algérienne en une économie de marché. Régulièrement, le FCE publie des propositions et plaidoyers œuvrant dans cette direction.

La préoccupation principale du FCE est la restructuration du paysage industriel et économique algérien vers une indépendance vis-à-vis du secteur des hydrocarbures. Trop longtemps centrée sur l’exploitation des énergies fossiles, l’économie algérienne doit dorénavant tenir compte de l’épuisement croissant de ces ressources en diversifiant son activité. La diversification semble être la notion essentielle qui se dégage des 50 propositions du FCE. Les objectifs sont clairs et annoncés dès le début du rapport : 8 à 10% de croissance au cours des 10 prochaines années permettront de “résorber le chômage et d’endiguer la précarité.” A cette fin, le moyen pour le FCE est d’amorcer une nouvelle politique économique centrée sur l’entreprise. Selon l’association, l’entreprenariat algérien est à la source de la croissance espérée.

Quatre type de mesures sont abordées dans le rapport : les mesures de soutien a l’investissement, les mesures destinées à réduire de champ de l’informel, les mesures en faveur de l’amélioration du climat des affaires et enfin les mesures d’ordre institutionnel.

Le rapport invite l’Etat algérien à exercer un “rôle facilitateur” auprès de l’entreprenariat national. L’idée de préférence nationale est rappelée à plusieurs reprises. Si le FCE encourage l’ouverture internationale notamment en appelant à la dynamisation des exportations, le programme proposé en matière de production et de consommation est centré sur l’Algérie. La cinquième proposition du rapport préconise l’abandon de la règle systématique des 49/51 concernant les investissements direct étrangers en définissant des secteurs spécifiques pour son application, comme par exemple l’énergie, les hydrocarbures, les TIC, l’eau, les banques, les assurances et le transport.

L’association propose également un retour de la campagne publique “consommons national” ainsi qu’un rétablissement du crédit à la consommation destiné à être usé localement. L’Etat est également appelé à agir sur les politiques urbaines et notamment sur le logement, qui reste un enjeu central de l’Algérie contemporaine.

Au cœur des propositions, le FCE pointe du doigt la nécessité absolue de réformer massivement la juridiction algérienne. Les chefs d’entreprise appellent de leurs vœux la création d’un véritable droit économique, suivie d’une reforme fiscale et d’une modification de la valeur monétaire du dinar algérien. Autant de mesures qui permettront à l’Algérie de s’inscrire dans une économie globalisée et de maximiser les chances de succès de son industrie.

Enfin, le volet institutionnel des propositions rappelle l’importance de focaliser certains efforts sur l’éducation, de l’école primaire à l’enseignement supérieur. Au niveau administratif, la simplification des démarches est le courant directeur : il s’agit de permettre aux individus de pouvoir créer, investir et entreprendre facilement.

S. Haderbache