Le 21 mars dernier, des soldats maliens ont proclamé avoir renversé le président Amadou Toumani. Ils dénoncent l’incapacité du président actuel à gérer la crise au nord de leur pays , en proie à une rébellion touareg et aux activités de groupes islamistes depuis janvier. L’Algérie tout comme les Etats-Unis condamne le coup d’état militaire.

 

Depuis mercredi, personne ne sait où se trouve Amadou Toumani. Bernard Valero, porte parole du ministère des affaires étrangères, a déclaré ce matin  » nous n’avons pas d’informations précises sur la localisation du président « . L’Algérie a condamné le coup d’état militaire et est très préoccupée par la situation au Mali car elle a signé des accords de paix, en 2006, pour mettre fin à la rébellion de Touaregs.  Elle a affirmé qu’elle rejetait ce « changement anticonstitutionnel ». Toutefois selon la politologue Louisa Aït Hamadouche « il est clair qu’elle – l’Algérie – n’aura pas d’autre choix que de faire avec le pouvoir en place, à moins que l’Union africaine, qui condamne les coups d’Etat, décide de mettre le Mali en quarantaine. Mais elle ne le fera probablement pas, car ce n’est qu’une condamnation de principe»

Plus de 30.000 maliens se seraient réfugiés dans le sud de l’Algérie. Selon le politologue algérien, M’hand Berkouk, « l’Algérie n’a jamais connu une telle instabilité à ses frontières sud » depuis 1960. Les maliens seraient de plus en plus nombreux à fuir le pays cependant aucune estimation n’a encore été faite par les ONG. Si une guerre civile venait à être déclarée, selon Laurent Bossard cela impliquerait que « les réfugiés seraient plus nombreux à se diriger vers l’Algérie mais aussi vers le Niger, qui a une frontière commune avec l’Algérie. Et cette situation aggravera par ailleurs une crise alimentaire sévère ». Dans la situation actuelle du Mali, l’Algérie prend tous les risques.

Seulement, l’Algérie doit rester neutre face à la situation actuelle et ne pas s’immiscer dans les affaires internes du Mali ainsi elle doit continuer ses projets économiques et politiques avec elle. Il faut que la rébellion touareg trouve une solution politique à négocier à l’intérieur du Mali.

S. Viniger

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