Par Sâad Doussi

Merah djihadiste, serial killer, indic des barbouzeries françaises ou simple illuminé qui a vu la lumière au bout de la route alors qu’il roulait en scooter ? Abattu avant de parler, le cadavre de Mohamed Merah n’en finit plus de déranger les agendas politiques et les consciences dangereuses. Même son enterrement a été sujet à polémique, l’Algérie ne l’acceptant pas dans son sous-sol.

Comment pouvait-elle lui accorder un lopin de terre comme dernière demeure alors que les Algériens de souche et de tronc n’ont d’autres toits que le ciel étoilé. « L’Algérie a refusé que sa tombe ne soit un lieu de pèlerinage », une explication qui fait sourire et même rire à gorge déployée lorsqu’on connait l’urgence du quotidien national.

Les Algériens ne s’arrêteront jamais sur la tombe d’un assassin d’enfants, quel que soit ses motivations. Merah n’est ni un Ben Laden immergé, ni un John Lennon assassiné pour que sa sépulture devienne un lieu de recueillement et le pouvoir algérien ne permettra pas une telle hypothèse si d’aventure elle puisse exister, lui qui n’a pas hésité à escamoter le corps de martyrs de la Révolution, de peur d’en faire des icônes.

Merah est un jeune français de 23 ans, paumé entre séjours en prison et voyages exotiques. Pakistan, Afghanistan, Israël, des visas sur son passeport qui trahissent le desert où il s’est perdu.

Mohamed n’est pas l’émigration et l’islam n’est pas synonyme de Merah. Mohamed Merah est un fait divers sanglant médiatisé à outrance pour être brandi, plus tard, en étendard béni d’une campagne présidentielle à court d’arguments.

Mohamed Merah est l’illustration d’un amalgame voulu, d’une volonté manifeste de trouver un bouc émissaire à l’agonie de l’économie hexagonale. Il est l’exemple à ne pas suivre pour stigmatiser une communauté et une religion mise à mal par d’interminables manipulations.

Mohamed Merah est un accident de parcours, un écorché vif et un esprit manipulable. Par qui ? Là réside le point d’interrogation. Par sa famille qui l’a endoctriné, par ses contacts à l’étranger ou par les services français qui l’ont actionné pour ensuite l’assassiner.

Mohamed Merah est né le 11 septembre et comme pour les Américains, les Français ne l’enterreront jamais, prompts à l’exhumer à chaque fois qu’on veut broyer de l’Arabe musulman.

Mohamed Merah n’est pourtant ni le premier, ni le dernier à tuer des enfants. Des enfants, ils en meurent chaque minute des centaines dans les pays arabes, en Afrique ou en Asie de faim, de froid et de balles. Des enfants meurent sous les bombardements de Tsahal dans la bande de Gaza, en Afghanistan sous les tirs de milliers de Merah américains ou français, mandatés par la force des armes. Des enfants meurent aussi dans les pays arabes par la faute d’un Qatar vassal de Washington, porte-parole des adeptes du Grand Moyen Orient. Ce Qatar qui a acheté la France, jouant la carte Sarkozy pour gagner une crédibilité historique, distribuant l’argent autour de la table de la Ligue arabe pour acquérir les voix et les consciences. Ce Qatar, grand mal du monde arabe, qui veut gouverner les bédouins et les chameaux à travers les dollars et Al Jazeera.