Le Fond monétaire international (FMI) a demandé au gouvernement algérien de contribuer à l’augmentation de ses ressources afin d’aider les pays en crise. La semaine dernière, les pays du G20 se sont engagés à fournir 420 milliards de dollars au FMI.

Selon le FMI, l’Algérie disposera à la fin de l’année, de 205 milliards de dollars de réserve de change. Pour l’économiste, Mourad Preure, cette sollicitation est plutôt « flatteuse », il ajoutera qu’il y a « un renversement, l’Algérie passe de prolétaire à prêteur. Ce qui est en soit positif ».

Seulement, Kamel Benkoussa, trader à Londres pense que « 200 milliards de réserve ne servent pas à grand chose ». Il explique ainsi que les « pays qui sont full cash se retrouveront à voir leurs réserves fondre au soleil ». Selon le trader, il n’y a aucun intérêt pour l’Algérie d’avoir des réserves en bon du trésor, sachant que le bon du trésor vous « ramène un rendement de 2% et l’inflation aux Etats-Unis est d’environ 2,7%. Vous avez donc des rendements négatifs ». Par conséquent, l’Algérie perdrait de l’argent en bon du trésor.

Mr Benkoussa s’accorde à dire que prêter ces 200 milliards de dollars serait aberrant, il affirme que si « l’Algérie prête de l’argent au FMI pour pouvoir aider d’autres pays qui demain produiront – si elles sortent de la crise – des produits qui seront exportés à l’Algérie. C’est une aberration totale ». L’économiste propose quant à lui une solution celle « d’investir dans le développement industriel de l’Algérie et d’en saisir les opportunités extérieures ». Car d’après ce dernier, « à partir du moment où la crise perdure, il y a des opportunités d’acquisition d’actifs ».

Il finira par dire que la déclaration du ministre algérien de l’économie était simplement qu’un « coup de pub », et d’ajouter que c’était une « façon de dire que les autorités internationales ont besoin de nous ».

extrait de l’interview

S. Viniger