A la faveur d’une ligne de crédit de 14 milliards  de DA, octroyée par  la Banque extérieure d’Algérie (BEA), la  filiale algérienne du N.1  mondial de la sidérurgie, Groupe Arcelor Mittal, semble déterminé à renforcer  sa présence en Algérie  et impulser un nouveau souffle à la production sidérurgique. Le complexe  d’El-Hadjar dont sa production est, à présent,  de moins de 1 millions de tonnes,  sera doté d’un plan de développement  qui permettra d’augmenter  sa capacité de production et atteindre le niveau de 1,4 millions de tonnes par an. Ces performances vont contribuer à répondre aux besoins du marché national et réduire, du coup, la facture d’importation. Dans un entretien accordé à l’agence APS, Le PDG de la division Maghreb d’Arcelor Mittal, M. Vincent Le Gouic, s’est montré confiant quant à la relance des activités de l’usine d’El Hadjar ou « un plan de développement, financé par augmentation de capital et fonds propres, sera lancé pour augmenter ses capacités de production à 1,4million de tonnes par an». Il expliquera que « ce programme est un véritable signe de confiance témoigné à l’économie algérienne, soutenue par le programme de développement présidentiel». Et de préciser : «Pour un groupe comme Arcelor Mittal, les possibilités d’investissement sont multiples et sur l’ensemble des pays. Le choix d’investir en Algérie repose essentiellement sur la confiance de l’économie, de ses institutions et du soutien des pouvoirs publics».

Au sujet de l’arrivée prochaine de nouveaux producteurs sidérurgiques en Algérie, à limage du groupe qatari « Qatar Steel International »,  le PDG de la division Maghreb d’Arcelor Mittal a indiqué que son groupe subit actuellement cette concurrence à travers les importations à partir notamment du sud de l’Europe. En fonction de nouveaux projets, et de la nature de ces projets que nous ne connaissons pas à ce jour, la concurrence va se rapprocher. Cela doit nous inciter à redoubler d’efforts, particulièrement en hissant notre niveau de performance opérationnel, de façon à cultiver nos avantages concurrentiels ». Par ailleurs, M. Vincent Le Gouic a abordé les challenges Arcelor Mittal Algerie qu’il a résumé en  deux objectifs principaux  à savoir le lancement du nouveau plan d’investissement et le maintien « de la paix sociale » au niveau  du complexe d’El Hadjar.  Outre l’augmentation de la production, la paix sociale reste un objectif majeur de la filiale  algérienne du groupe indien« La paix sociale est un facteur essentiel du plan de redressement. Elle Constitue indéniablement un challenge de premier plan », tout en espérant que « la qualité du dialogue engagé avec le partenaire social et la confiance  réciproque installée permettront de relever ce défi du maintien de la paix sociale ».  Rappelons au passage que la filiale algérienne d’Arcelor Mittal a failli mettre la clé sous le paillasson dans un passé récent. En effet,  le complexe  a vécu une grave crise au cours de laquelle la direction du complexe avait carrément brandi la menace d’un dépôt de bilan, faute d’obtention d’un un crédit sans garanties auprès de la  BEA.  Après un bras de fer de trois semaines, sur fond de contestations des  travailleurs, la Filiale du géant mondial de l’acier a fini par répondre favorablement aux  conditions de la BEA.

Avant de conclure, le PDG de la division Maghreb d’Arcelor Mittal  a tenu à saluer l’apport de la BEA dans le règlement de ce litige. La sortie médiatique de l’ancien patron du complexe d’El Hadjar intervient quelques jours seulement après l’annonce de la fin des négociations entre l’Algérie et le groupe qatari « Qatar Steel International» et qui ont abouti au lancement d’un méga complexe  sidérurgique, à Jijel,  dont la capacité de production atteindra 4,8 millions de tonnes d’acier en 2016.

Yahia Lotfi