Dans le sillon du Printemps arabe, le Maroc a également connu des revendications et manifestations populaires. Pour y répondre, le roi Mohammed VI, dans son discours du 9 mars 2011, annonce une réforme de la Constitution. Celle-ci comprend la reconnaissance de la langue Tamazight comme langue officielle à côté de l’arabe, l’application des Droits de l’Homme dans la Constitution, le renforcement des pouvoirs du chef du gouvernement mais aussi la conservation des pouvoirs politiques et religieux du roi. Ainsi, le « Commandeur des croyants » désigne toujours le chef du gouvernement parmi le parti en tête aux législatives. Par ailleurs, ces élections législatives, organisées le 25 novembre 2011 permette pour la première fois, au parti islamiste du PJD (parti de justice et développement) d’arriver en tête. Celui-ci compose donc un nouveau gouvernement, formé par la coalition avec l’Istiqlal, le Parti du progrès, et du socialisme (PPS) et le Mouvement Populaire (MP). Le PJD obtient également 12 des 31 portefeuilles ministériels, dont les Affaires Etrangères, la Femme, le Commerce, ou encore les Nouvelles Technologies. L’Intérieur est conservé par le MP et l’Economie et la Finance à l’Istiqlal.

Sur le plan économique, le projet du TGV marocain, dont l’appel d’offre a été remporté par Alstom, reste critiqué par le PJD, notamment en raison de son financement (33 milliards de dirhams). Au programme du nouveau parti en tête, on retrouve la hausse du salaire minimum (de 2300 à 3000 dirhams), le renforcement des moyens alloués à la santé et l’éducation et la baisse de l’impôt sur les sociétés (de 30 à 25%). Un programme peu crédible et réaliste compte tenu de la crise du principal allié économique du Maroc, l’Europe, et de l’extrême volatilité du marché agricole, qui représente 40% des emplois marocains. Le PJD doit également faire face à un chômage atteignant 9% de la population dont une majorité de jeunes.

L’année 2012 s’annonce donc difficile pour le Maroc, qui conjugue tourisme en difficulté, IDE en baisse et investissements économiques comme le projet Desertec, énorme centrale solaire afin d’alimenter l’Europe en électricité. Le Maroc parie donc sur l’avenir et une croissance économique accrue, en témoigne l’ouverture en fin d’année 2011 du grand centre commercial, le Morocco Mall, et de l’usine Renault de Tanger.

Ania Kaci Ouldlamara

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