Le ministre algérien des Finances a mis en garde le pays contre des dépenses publiques en constante hausse.

«Il faut qu’il y ait une prise de conscience. » a déclaré Karim Djoudi. « Nous avons besoin d’une approche beaucoup plus prudente en matière de dépenses.»

Les fluctuations des prix du pétrole ont mené l’Algérie dans une impasse. En 2011, la Banque d’Algérie a publié un rapport indiquant que l’équilibre budgétaire peut être atteint dans l’hypothèse où le prix du baril avoisine les 110 dollars. Cependant, il a chuté ces derniers jours autour des 90 dollars, ce qui place l’Algérie dans une situation alarmante.

Si la chute des prix continue, le pays se verra dans l’obligation d’utiliser son épargne publique (estimée à 5.500 milliards de dinars), ce qui déséquilibrera considérablement ses finances.

Pour Djoudi, l’heure n’est pas à la rigueur mais à la prudence : «une forte réduction des dépenses d’investissement impactera la croissance économique, l’emploi et les revenus».

Le ministre attire l’attention sur les dépenses de fonctionnement, c’est-à-dire, les dépenses salariales sur lesquelles il estime qu’il est nécessaire d’exercer une certaine pression dans l’immédiat : «Les dépenses budgétaires ont progressé de 28,3 en 2011 contre 5,2% en 2010, tirées par l’envolée des dépenses de fonctionnement les plus importantes de la décennie».

Le ministre des finances a également fait part de ses craintes face à la crise économique européenne, si elle venait à se poursuivre.

Sarah Haderbache