Les IDE profitent plus aux multinationales qu'à l'AlgérieLe printemps arabe plombe les économies de la région : l’Algérie accueille des IDE sans valeur ajoutée, selon la CNUCED.

L’année 2012 s’annonce morose en termes d’IDE dans la région de MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Le niveau des investissements directs étrangers devrait globalement diminuer notamment durant le premier semestre 2012, indique la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et Développement) dans son rapport mondial des investissements qui restitue les flux financiers d’investissement direct étranger (IDE) entre les pays du monde.

Selon cette institution internationale, les IDE ont augmenté de 16% entre 2010 et 2011 atteignant quelque 1.500 milliards de dollars à travers les pays du monde mais une tendance plutôt baissière devrait prédominer pour l’année en cours.

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En analysant le rapport de la CNUCED, le réseau «ANIMA» note pour sa part une disparité pour la région «MENA». Selon les experts du réseau «ANIMA», «les 10 pays du sud de la Méditerranée attirent en 2011, 38,94 milliards de dollars soit 2,6% des IDE mondiaux, quand ils pèsent pour 4% de la population mondiale».

Et d’ajouter: «ce montant qui représente presque 3 milliards de plus que l’an dernier, cache en réalité de telles disparité qu’il n’est pas possible cette année de parler de tendance homogène pour cette région: une légère baisse au Maghreb, imputable aux seules Tunisie et Libye ; une dégringolade très préoccupante en Egypte et en Syrie, le premier subissant une année de désinvestissement tandis que les autres pays du Mashrek limitent les dégâts et que la Palestine flirte avec ses meilleures années ; et des investissements qui doublent quasiment en Israël et en Turquie entre 2010 et 2011».

Les retombées du printemps arabe

Il est clair, à la lecture du rapport de la CNUCED et de l’analyse qu’en est faite par le réseau «ANIMA» que l’impact du «printemps arabe» et des soulèvements en cours dans le monde arabe devra se ressentir à partir de cette année sur le plan économique.

Pour l’année 2011, «le continent africain est stable comparé à 2010 en ce qui concerne les IDE entrants avec -0,9% pour 42,7milliards de dollars d’IDE en 2011, les reculs des IDE en Egypte et en Libye étant largement responsables de cette performance bien en dessous de la tendance mondiale», explique «ANIMA».

De nouveaux critères pour 2012

Pour le rapport 2012, la CNUCED a décidé d’introduit un nouveau classement nommé le «FDI Contribution Index», qui tente d’évaluer la contribution au développement économique des IDE implantés dans chaque pays.

Il en ressort que l’évaluation faite par la CNUCED des critères de la valeur ajoutée créée, d’emploi, d’exportation, de contribution fiscale, de salaire par rapport aux IDE accueillis classent mal l’Algérie.

«ANIMA» précise sur ce point que «avec des résultats parois surprenant, les rédacteurs considérant par exemple que la Turquie ou l’Algérie, au même titre que la Grèce, Taiwan ou le Japon, sont des pays qui sous performent, tant au niveau du stock d’IDE rapporté au PIB qu’au niveau de la contribution de ces IDE au développement économique du pays».

Autrement dit, les IDE que ces pays dont l’Algérie ont accueillis n’ont pas apporté de valeur ajoutée en termes de développement économique et sociale, autant dire qu’il ne s’agit qu’investissements vains qui profitent plus aux multinationales qu’aux pays d’accueil.

 

Hicham A.