Nr2 est un groupe algérien de chansons à textes, parfois profond, inspiré, original et déjanté. Influencés par Elvis, Brassens, El Harrachi ou Led Zeppelin, les trublions ont répondu aux questions de la rédaction d’Algérie-Focus.
illustration de Nechwa Djeghri
Qui se cache derrière le groupe Nr2?
Nr2 c’est Ramzy, le guitariste de l’enfer, Faycal, le bassiste de ces dames, Hafsa, la violente violoniste à vélo, et Redha, moi, le chasseur de fausses-notes. Quatre jeunes qui se prennent des vents en jouant dans la rue et en essayant  tant bien que mal de faire germer la graine de leur musique dans un terreau qui ne s’y prête pas forcement. Mais on ne désespère pas.
Que pensez-vous de la scène musicale algérienne  ?
Si on évoque la période « Bled Music », ca ne dira probablement rien à 90% des jeunes d’aujourd’hui. Mais à cette époque pas si ancienne — le temps béni de Kg2, T34 et cie—, la scène algérienne débordait littéralement de créativité et de folie. Les jeunes avaient peu de moyens  certes, mais se débrouillaient avec des bouts de ficelle pour faire vivre leur art, leur rêve, leur vie quoi. On se souvient encore avec bonheur d’ « Assima »ou de « Boualem el far » pétris d’humour et de second degré, les artistes ne se prenaient pas au sérieux et surtout, ils osaient. Ça a un peu changé de nos jours ou – à de rares exceptions — la mode est plus aux reprises sans originalité, au populisme bas du front,  au conformisme frileux, au prêt à écouter et  à la musique légère et formatée.
Que voulez-vous apporter à ce paysage ?
Nous ne sommes pas des messies ou des donneurs de leçons, mais nous militons juste pour une diversité artistique dans notre pays. Il faut oser être curieux, exigeant, tendre l’oreille, cliquer au hasard sur des vidéos Youtube, aller aux concerts des groupes inconnus, ne pas être la victime d’un matraquage radiophonique ou d’une pression sociale, oser fumer l’herbe du voisin, elle est parfois bien plus verte que la notre. En un mot comme en cent, ne pas être gourmand mais gourmet.
Comment vous faites vous connaître ?

Être connu n’est pas une finalité en soi, sinon nous ferions du gnawi, du raï ou des chants patriotiques. Par contre nous jouons très souvent dans la rue pour essayer de faire connaitre et de populariser la chanson à texte en français chez le quidam moyen….ce n’est pas toujours évident, mais on y croit.

A quand le premier disque ?
Les morceaux sont prêts depuis longtemps. Il ne nous reste plus qu’à trouver les bonnes conditions pour l’enregistrer. Par contre, nous tentons de tourner en ce moment un clip très social, mégalomane et amateur et nous lançons un appel à tous les artistes qui ont du talent, qu’on ne voit jamais à la TV, qu’on n’entend jamais à la radio, qui refusent de se compromettre ou de faire de la léchouille pour avoir des scènes pour qu’ils se joignent à nous. We are not legion, but we’ll be!
Retrouvez les vidéos et prochains événements du groupe sur leur page Facebook
Propos recueillis par Sarah Haderbache
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