Le caricaturiste syrien Ali Ferzat se confie à nous. Il raconte dans une interview vidéo, ses débuts, sa carrière, sa vision. Comment vit-on en tant que caricaturiste arabe dans un pays difficile qu’est la Syrie? 

Ali Ferzat / © samarmedia

« Je réalisais des dessins sans les mots. Je parlais dans toutes les langues sans utiliser aucune langue. » C’est manière d’Ali Ferzat d’être caricaturiste.

Le célèbre Syrien évoque son amour du dessin, ces quelques traits tracés sur une feuille blanche, expriment son opinion, reflètent son monde. « J’utilise la satire en dessinant ceux qui imposent la dictature et leurs méthodes oppressives pour les placarder et leur donner moins d’importance aux yeux du peuple », explique-t-il.

Du courage

Le caricaturiste a toujours été engagé, notamment durant la révolution syrienne dont il a été une victime l’an dernier. Ali Ferzat revient avec émotion sur cette épisode qui aurait pu briser sa vie. Il avait été agressé par des sbires du pouvoir, et les coups avaient surtout été portés sur ses mains. Ses agresseurs lui répétaient « frappe-le sur les mains pour qu’il cesse de dessiner sur Bachar. » Une agression comme symbole de censure.

Malgré cette douloureuse expérience, Ali Ferzat n’a jamais abandonné son amour du dessin, porteur « de causes morales et humaines ». Il continue à dessiner et à dénoncer, même s’il sait que ses satires sont perçues comme des transgressions, et que « l’auteur de cette transgression en paie forcément le prix. »

Son premier dessin

Il raconte son entrée surprenante dans le métier. Au moment des accords d’Evian en Algérie, l’évènement l’inspire. Il n’a que 12 ans, et dessine sa première caricature, qu’il publiera dans le journal Al Ayyam, après un simple envoi à la rédaction du quotidien. La maturité du dessin fait alors penser au rédacteur en chef que le dessin d’Ali Ferzat est celui d’un adulte, qui le met à la Une de son journal.

Un artiste était né.

Découvrez le portrait vidéo d’Ali Ferzat réalisé par Samar Media

AB