Il devient de plus en plus compliqué de créer son entreprise en Algérie à cause des lenteurs administratives et les financements compliqués. La course à l’entrepreneuriat s’en trouve ralentie, parfois même stoppée comme le révèle une étude de l’ONS.

L'ANSEJ permet aux jeunes diplômés de créer leur entreprise/c siwel

L’entrepreneuriat algérien devrait être aguerri aux démarches administratives en Algérie, et pourtant de nombreux chefs d’entreprises sont découragés par la lenteur des services.

L’Office national des statistiques (ONS) a d’ailleurs menée une enquête reprise dans laquelle, les chefs d’entreprises expliquent que le dossier administratif relatif à la création de l’entreprise «est complexe», et les délais «sont longs», notamment pour le privé. 43,9% des chefs d’entreprises déclareraient que le dossier administratif relatif à la création de l’entreprise est complexe.

Salima travaille pour un étranger qui a lancé son commerce dans le secteur de l’import-export en Algérie. Elle a dû assurer seule le processus de création du commerce, qui se résume à être « des allers-retours administratifs pendant des semaines. Chaque service a sa propre version. Entre la course à l’agrément, la pression de mon patron, et les documents manquants ça a été dur, j’ai failli lâcher prise», explique-t-elle.

Des délais importants

Près de 40% des chefs d’entreprises des deux secteurs considèrent que les délais de création d’une entreprise sont longs. Mohamed  en fait l’amère expérience. Il tente de lancer son entreprise depuis bientôt un an.

Il a décidé de passer par le dispositif ANSEJ pour lancer une entreprise dans le secteur du tourisme. Il pensait trouver une aide mais finalement il est allé de complications en complications, à cause d’une simple erreur sur son casier judiciaire. La modification du document lui demandera des mois, une audience au tribunal pour enfin rectifier l’erreur, avant de pouvoir déposer son dossier auprès de l’ANSEJ. « Je me donne un an pour concrétiser mon projet, si ça ne marche pas, j’abandonne tout simplement », avoue Mohamed.

Un investissement trop coûteux

L’argent est une complication majeure qui vient s’ajouter au temps et à l’administratif. De la recherche de locaux, à l’importation de produits, en passant par la fiscalité, être entrepreneur en Algérie nécessite un bon apport personnel.

27% des sondés estiment que l’accès au foncier reste «un handicap majeur» surtout pour les entreprises privées. Louer ou acheter leur revient très cher.  D’autant plus dans le commerce, dont les locaux bien placés peuvent atteindre les 500 000 dinars mensuels.

L’argent devient alors un critère décisionnel important dans le lancement d’une entreprise, pour 59% dans le privé et 37% dans le public. L’argument pécuniaire est d’autant plus important, car pour la plupart des sociétés interrogées, elles ont préféré recourir à l’autofinancement, à 83,2% , que faire appel à des banques pour investir.

En résumé, pour lancer son affaire, il ne reste plus qu’à développer seulement deux forces : l’argent et la patience.

A retenir

–  43,9% des chefs d’entreprises déclarent que le dossier administratif relatif à la création de l’entreprise est complexe

– 40% des chefs d’entreprises des deux secteurs considèrent que les délais de création d’une entreprise sont longs

– 83,2%  des entreprises ont eu recours à l’autofinancement

Amina Boumazza