Le 16e sommet des 120 pays non-alignés s’est ouvert ce matin à Téhéran en présence de 29 chefs d’Etats et de gouvernement. De nombreux dossiers houleux devraient émerger dans les débats de cette rencontre internationale.

120 états se réunissent pendant 2 jours à Téhéran

L’organisation des non-alignés récupère un rôle politique sur la scène internationale. Le sommet qui s’est ouvert aujourd’hui en Iran et  qui durera deux jours, vise à réunir 120 pays afin de mettre en place un contre-poids aux grandes puissances occidentales.

À l’issue du sommet l’Iran prendra pour trois ans la présidence du Mouvement des Non-Alignés. Une opportunité diplomatique pour l’Iran qui tente non seulement de relancer le mouvement peu actif depuis la Guerre Froide, mais aussi de se défendre contre les sanctions unilatérales de l’occident au sujet de sa position sur le nucléaire.

Plusieurs thèmes incontournables sont attendus lors de ce sommet : le nucléaire, le « démocratisation » du Conseil de sécurité de l’ ONU, l’Etat palestinien, les sanctions de l’Occident à l’égard de certaines nations ou encore le dossier syrien.

Israël et nucléaire au coeur du sommet

L’Iran attend un soutien de la part des membres des non-alignés mais pour le moment le pays a surtout été critiqué lors du sommet. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a fustigé l’Iran, ce matin, lors de son discours devant l’assemblée, pour son rejet des résolutions de l’ONU sur son programme nucléaire et ses menaces de destruction d’Israël.

L’Iran doit « se conformer totalement aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et coopérer à fond avec l’Agence internationale de l’énergie atomique » (AIEA), a lancé Ban Ki-moon aux représentants des pays présents dans l’assemblée. Toutefois le guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a tenu à réaffirmer lors du sommet que l’Iran « ne cherchera jamais à avoir l’arme atomique. »

Ban Ki-moon est également revenu sur les menaces d’Israël de mener des frappes militaires contre les sites nucléaires iraniens.  Téhéran avait alors promis de détruire l’Etat hébreu en cas d’attaque. Le  secrétaire général de l’ONU a donc appelé à pacification des deux relations des deux pays, et à l’arrêt des menaces provocatrices.

Il également fermement dénoncé dans son discours la négation de l’Holocauste et le déni du droit d’Israël à l’existence, régulièrement affirmés par les principaux dirigeant iraniens, dont le Guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Mahmoud Ahmadinejad présents dans la salle.

La Syrie dans le viseur

Le dossier syrien n’aura pas tarder à créer des dissensions. Dès ce matin la délégation syrienne a quitté l’assemblée lors du discours de Mohamed Morsi, le président égyptien. La Syrie n’a pas apprécié les propos du chef d’état qui a qualifié le pays de « régime oppressif ».

« La révolution en Egypte était un pilier du Printemps arabe, elle a commencé quelques jours après la Tunisie, a été suivie par la Libye et le Yémen et aujourd’hui la révolution en Syrie (vise) le régime oppressif, a-t-il déclaré. Les peuples palestinien et syrien veulent la liberté, la dignité et la justice. »

Au sein du mouvement des non-alignés les avis étaient déjà partagés sur le cas syrien. L’Égypte ne cautionne pas la situation, alors que l’Iran, qui est le principal allié régional du régime du président Bachar al-Assad, s’oppose fermement à un départ du pouvoir de Bachar Al-Assad comme le réclament des pays occidentaux et arabes.

Le conflit syrien avait donné à M. Morsi une occasion de tendre la main à Téhéran en proposant à la mi-août l’idée d’un comité régional quadripartite comprenant l’Egypte, l’Iran, l’Arabie saoudite et la Turquie pour chercher une solution à la crise syrienne.

 

AB avec agences

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