Quasiment trois mois après les élections législatives largement remportées par le FLN, les observateurs européens rendent leurs conclusions.  Le scrutin a eu quelques imperfections, que l’Algérie devra corriger à l’avenir.

Les législatives ont été surveillées par 150 observateurs européens

Le rapport de l’Union Européenne (UE) sur les élections législatives du 10 mai rendu public hier a mis en évidence des faiblesses dans le déroulement du scrutin. Le mois de mai dernier ils étaient 150 observateurs européens à sillonner le pays pour regarder et analyser le bon déroulement du scrutin législatif. De l’organisation aux résultats, ces experts ont tout passé au peigne fin.

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Dans les grandes lignes du rapport, la mission d’observation explique que le contrôle des élections a été insuffisant, voire « non avéré ». Le transport des documents électoraux, les résultats du dépouillement y compris, n’aurait pas été sécurisé.

Lors de la publication des résultats, les observateurs déplorent le manque de visibilité sur les détails du vote, ce qui a créé la confusion autour de la répartition des sièges.

Ces critiques font écho à celles du 10 mai et les jours qui ont suivi. De nombreuses rumeurs et polémiques avaient jailli, dénonçant des irrégularités au sein du scrutin tels que des bourrages d’urnes, des bulletins de votes insuffisants, ou encore une auto-attribution des sièges par le gouvernement.

Scrutin biaisé

Ce sont les premières élections en Algérie depuis les manifestations en 2011, et selon le rapport officiel elles sont organisées selon le cadre des réformes gouvernementales contrôlé par le pouvoir. Ce qui expliquerait, entre autre la large victoire du FLN.

D’autres arguments viennent justifier le score du FLN. Notamment « la multiplication des candidatures qui a conduit à un émiettement des voix » aurait aidé « les partis prédominants ». Associée au mode de scrutin, dans lequel le vainqueur récupère les voix des partis qui ont moins de 5% des suffrages ont permis un gain de votes très important.

Le chef de la mission, José Ignacio Salafranca a toutefois estimé que ces élections « constituent un point de départ et non un point d’arrivée […] d’un premier pas dans un cycle électoral . »

Les élections municipales du 29 novembre, et les présidentielles de 2014 nous apprenderons si la la leçon électorale de l’UE a été bien retenue et appliquée par l’Algérie.

Amina Boumazza