Le ministre nigérien de la défense, Mahamadou Karidiou a quitté Alger hier matin à l’issue d’une visite officielle de deux jours. Cette visite est survenue, en marge de la situation très préoccupante au Nord-Mali.

Le ministre de la défense nigérien lors de sa visite à Alger / Capture d'écran : Canal Algérie

La situation au Mali préoccupe l’Algérie

Mahamadou Karidiou a été reçu par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika mardi matin au siège de la résidence Djenane El Mufti dans un contexte très tendu dans la zone Sahelo-Saharienne. Il a indiqué dans une déclaration à la presse, à l’issue de cette audience, avoir échangé avec le président Abdelaziz Bouteflika « des vues sur les relations algéro-nigeriennes notamment dans le domaine de la coopération militaire ». Avant d’ajouter, que les entretiens ont permis également de « passer en revue la conjoncture actuelle notamment la situation au Mali ». Il a précisé à ce propos qu’il « y a convergence de vues » entre les deux pays qui considèrent que le règlement de cette crise passe par « le dialogue ».

L’Algérie qui est considérée comme la force majeure de la zone sahel n’a pour l’instant émis aucun communiqué officiel sur la position qu’elle doit prendre dans cette zone de conflit. Rappelons que l’Algérie et le Niger sont tous les deux pays frontaliers du Mali où les heurts, qui témoignent de vives tensions entre les rebelles Touaregs de la région d’Azawad (Nord-Mali) et les forces de l’ordres maliennes. Ces dernières ne parviennent pas à stabiliser la situation, six mois après le coup d’état militaire du 22 mars qui a renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT). Le pays est dirigé depuis le 12 avril, par Dioncounda Traoré, investi président de transition suite à un accord entre la junte et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour le transfert du pouvoir aux civils.

L’intervention au nord du Mali se décide à New York

Alors que la crise au Mali prend une ampleur internationale, M. Traoré, le président intérim du Mali écrit officiellement le 23 septembre à Ban Ki-Moon pour approuver, le déploiement d’une force africaine au Mali. A ce propos, une réunion à haut niveau sur le Sahel devait se tenir hier en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York et étudier cette demande.

Le Mali a néanmoins expliqué qu’il acceptera la présence de troupes ouest-africaines de la Cédéao mais « pas d’autres pays ». Les pays de la Cédéao font le forcing pour obtenir l’aval du Conseil de sécurité. Le Mali et la Cédéao sont soutenus par la France, dont le président a appelé de New York à une « action urgente ».

Le sort malien est entre les mains de tous, et il devient compliqué de concilier tous les avis et toutes les situations :  il faut jongler avec la divergence d’intérêts dans la zone entre : Le Mali, la France,  l’ONU et l’Algérie. Cette dernière veut assurer sa stabilité avant de s’engager dans quelconque initiative qui pourrait encore plus déstabiliser la région sub-saharienne.

L’Algérie défend surtout ses intérêts

L’Algérie de son coté paraît attentiste mais travaille discrètement à la protection de son territoire. La preuve étant la nomination de Abdelmalek Guenaïzia comme ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale. Un poste que le président de la république occupait depuis le régime Boumédiène. En parallèle plusieurs opérations militaires ont été menées avec succès ses derniers jours pour contrer l’avancer des troupes rebelles vers les frontières algéro-maliennes.

Chaoui @

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