Les manifestations anti-us ont porté un coup dur à de nombreux pays musulmans dont la Libye. La mort de l’ambassadeur américain et les images de violence ont mené à la création d’un mouvement de citoyens libyens qui demandent le pardon pour les actes commis.

Les Libyens protestent désormais de manière pacifique contre le terrorisme/ ©martyrsSQmedia

 The sorry project ou le projet du pardon, ce sont ces mots simples que des Libyens issus de la société civile ont choisi pour s’excuser des débordements survenus dans leur pays après la diffusion du film « L’innocence des musulmans ». Alors que certains pays sont encore menacés des violences, liées à l’anti-américanisme ambiant, la Libye a pris le parti de tourner la page et d’organiser d’autres défilés, ceux du pardon. Depuis le 12 septembre dernier, des citoyens libyens se sont lancés dans un mouvement contre les djihadistes et pour la mémoire des victimes de ces violences.

Il est encore difficile d’estimer le nombre de participants, l’identité de ces personnes ou encore l’influence qu’ils pourraient avoir sur l’opinion publique. Une chose est sûre, c’est qu’ils ont conquis le web où des images du mouvement affluent chaque jour, donnant à cette démarche de plus en plus d’ampleur. Désormais l’initiative inspire également les associations, ONG qui se mobilisent de plus en plus pour tenter de pacifier la situation, et d’interpeller les autorités libyennes pour qu’elles dissuadent la protestation anti-us de grossir.

Les réseaux sociaux, vitrine de l’opinion libyenne ?

Le compte facebook de The Sorry Project ou encre celui du photographe « Martyres square media » ont mis en ligne plusieurs albums photos de ces manifestations « contre l’extrémisme » qui se sont déroulés à Tripoli. Ils sont plusieurs Libyens à prendre la pause avec une pancarte en arabe ou en anglais : « We are sorry » (nous sommes désolés) ou encore « Islam against terrorim » (l’islam contre le terrorisme).

Outre les photographies et les marches du pardon, de nombreux libyens diffusent des messages pour que le monde faisse le distinguo entre la société libyenne et les quelques extrémistes qui ont attaqué l’ambassade américaine. Un groupe intitulé « Les Libyens contre le terrorisme », demande de respecter la mémoire de Christopher Stevens, l’ambassadeur américain tué dans l’attentat de Benghazi. L’organisation de ces citoyens est incroyable au vu de la situation libyenne bouleversée par sa transition démocratique et la récente montée de violence.

La Libye encore instable

Même si les mouvements anti-djihadistes tentent d’apaiser les tensions en Libye, le président du Congrès national Mohamed Magarief et le parlement libyen, s’inquiétent encore pour la stabilité du pays. Ils craignaient hier que les conséquences de l’attaque du consulat américain de Benghazi, menacent l’installation de la démocratie dans le pays.

Pour rassurer l’opinion internationale, les autorités libyenne ont donc lancé un vaste coup de filet en arrêtant 50 personnes qui auraient participé aux violences contre l’ambassade américaine. Mais Mohamed Magarief a quand même tenu à minimiser l’impact de ces manifestations en précisant que ‘Les extrémistes sont une exception en Libye et ne représentent rien de significatif. Les Libyens sont enclins à la modération et prêts à coexister les uns avec les autres. »

AB